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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 15:17

Chronique N°742 titre : les orages d’août  2009


Les orages de lundi dans les monts du Forez et de mercredi dans la vallée du Gier sont représentatifs des situations météorologiques subies pendant l’ensemble de l’été 2009.

La saison qui se termine a donné une impression générale de beau temps. Elle restera dans les tablettes comme globalement assez chaude. Les excès de températures sont restés limités à une courte canicule. Les orages, nombreux, ont provoqué une pluviométrie irrégulière avec des paroxysmes locaux qui ont marqué la région stéphanoise au début avec les 72 mm en 2 heures du 2 juillet et à la fin avec les 153 mm de Chalmazel, et l’orage de mercredi a  affecté la ligne ferroviaire la plus chargée de France.

En réalité, l’été a été marqué par l’affrontement entre les anticyclones méditerranéens d’altitude qui ont occupé le terrain pendant la plus grande partie de la saison et sont responsables des périodes chaudes et ensoleillées.

Les perturbations descendant des hautes latitudes n’ont pu réaliser que quelques opérations coups de poings sans atteindre la Méditerranée. Elles ont été stoppées le plus souvent sur une ligne qui s’étire du nord du Massif central à la Lorraine. Parfois, des orages localisés virulents ont réussi à pénétrer plus avant dans cette barrière anticyclonique mais ils sont restés isolés.

Cette situation s’est produite pendant tout le mois de juillet avec une ligne très arrosée du Limousin au nord-est du pays en passant par le plateau de Langres, le Jura et les plaines de la Saône. Quelques orages ponctuels dont celui de Saint Etienne du 2 juillet ont déposé en avant de cette ligne des précipitations importantes

Les perturbations d’août descendant des hautes latitudes n’ont pas pu aller plus loin vers le sud que celles de Juillet.

Celle du 2 et 3 août a été stoppée sur une ligne auvergnate, Aurillac, Clermont Ferrand, Vichy. Seule une incursion ponctuelle a atteint Marseille avec plus de 54 mm à Marignane

Celle du 9 et du 10 progresse un peu plus vers le sud en atteignant la bordure orientale du Massif central avec l’orage de grêle de Montfaucon et des précipitations ponctuelles jusqu’à Montpellier et Montélimar.

La perturbation du 16 est balayée comme un fétu de paille par l’anticyclone. Il faut monter en Lorraine pour trouver un total important à Nancy avec 37,8 mm.

Celle qui met fin à la canicule, les 20 et 21 ne pénètre que très peu dans le Massif central. Elle le contourne en arrosant Aurillac et Paray le monial

Celle du 24 au 26 a tenté de pénétrer plus avant avec l’orage des monts du Forez  qui ouvre la voie le lendemain à des pluies plus importantes sur l’est du Massif central et le surlendemain dans la vallée du Gier.

Cette semaine a encore été une excellente illustration de la succession de types de temps qui se sont répétés pendant l’été.

 L’arrivée de la perturbation est toujours précédée par un vent de sud, que l’on a connu à de très nombreuses reprises. Ce flux virulent sur les plateaux de la Haute Loire est causé par la première résistance de l’anticyclone qui tente d’empêcher la progression de la perturbation. Cette résistance provoque une augmentation du gradient de pression responsable de la vitesse du vent.

Dans un second temps, les pluies qui suivent des lignes sud-ouest nord-est, viennent s’empaler dans le piège tendu par les hautes pressions. Les précipitations s’arrêtent sur des lignes principales  que nous venons de présenter pour chacune des perturbations qui se sont succédés pendant ce dernier mois. Quand des cellules isolées réussissent à s’infiltrer plus loin comme à saint Etienne le 2 juillet, à Marseille le 3 août , ou dans les monts du Forez , ce dernier lundi, elles sont très vites arrêtées et cette opposition provoque un paroxysme des précipitations.

Dans un troisième temps, l’anticyclone qui a plié un peu sous la poussée des perturbations, regagne très vite le temps perdu et réinstalle le beau temps, l’ensoleillement et la chaleur.

Ce schéma s’est encore reproduit cette semaine :

Le vent du sud de dimanche et lundi montre le début de l’affrontement entre la perturbation qui tente de progresser et l’anticyclone qui résiste. Ce flux moins virulent que les précédents laisse penser une résistance plus faible de l’anticyclone mais c’est sans compter sur ses réserves insoupçonnées.

Les orages successifs commencent  sur les monts du Forez, le lundi après-midi. Les pluies du lendemain progressent très peu avec une zone très arrosée qui s’étire d’Aurillac, au Puy, à Saint Etienne et Chambéry, montre que les masses nuageuses principales ont peu progressé. L’orage du mercredi à 18 heures de Saint Etienne à la vallée du Gier traduit encore une avancée plus faible de la perturbation. Le bilan global montre seulement en 3 jours une avancée limitée à une cinquantaine de kilomètres. Voilà un bel exercice de surplace !

Enfin jeudi l’anticyclone ne tarde pas à regagner le terrain perdu et à rétablir un temps chaud et ensoleillé.

Une perturbation de plus depuis le début de cet été n’a pas atteint la Méditerranée et  s’est fait atomiser en rase campagne. La seule différence avec les précédentes, elle a tenu tête 3 jours avant de rendre les armes.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur la façon dont cette saison a été ressentie avec trois éléments importants :

 - La prédominance du beau temps liée aux longues plages d’occupation de l’espace de l’anticyclone.

 - La remontée de la sécheresse méditerranéenne traditionnelle au-delà de ses limites naturelles de la vallée du Rhône. Elle a largement débordé sur les plateaux de l’est du Massif central, en particulier sur le Velay, et une partie du Forez . Son ressenti a été très souvent accentué par les flux de sud qui ont pris une allure nettement desséchante quand ils ont retombé sur le flanc septentrional. Les Limagnes, les dépressions de la Loire du bassin du Puy à la plaine du Forez, ont très souvent subi ces flux chauds et secs qui ont parfois continué leur route au-delà du massif.

 - Un déplacement vers le nord des trajectoires orageuses les plus courantes en France est visible puisque ces dernières ont plus souvent suivi une ligne du Limousin, au Bourbonnais et à la Lorraine,  qui parait beaucoup plus septentrionale que celles des autres années tout en restant parallèle.

Qu’est-ce qui peut expliquer des décalages géographiques ? Deux solutions.

Une moindre pugnacité des perturbations descendant des hautes latitudes en liaison avec une plus faible alimentation en froid arctique. L’évolution de la banquise pendant cet été pourrait donner une hypothèse. Les superficies arctiques englacées en 2009 ont toujours été supérieures d’au moins un demi millions de kilomètres carrés à ce qu’elles étaient pendant les deux années précédentes. Ces dernières avaient connu un été pourri, alors que 2009 est chaud. Il est facile de constater que les deux éléments sont en contradiction et ne peuvent expliquer l’été que nous venons de connaître

Par contre, il suffit d’analyser les cartes météorologiques d’altitude pour constater la très grande chaleur avec des températures entre -6 et -10° à plus de 5800 mètres  et les très fortes pressions à ce niveau puisque le niveau des 500 hpa est remonté très haut à plus de 5850 mètres. Cette plus grande puissance des anticyclones subtropicaux sur la Méditerranée semble le facteur déterminant qui a repoussé vers le nord la sécheresse méditerranéenne, a installé un solide couvercle de chaleur  et a stoppé les perturbations descendant du nord.

 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie sur les ondes de radio espérance. Le texte étant repris sur zoom42.fr et ce blog.

  Bonne semaine

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