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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 10:07


Chronique N°739


 

 Incendie et sécheresse en Forez !


        Il est des semaines où l’activité climatique s’énerve en Forez, après l’incendie de forêt de Périgneux / Saint Marcellin du week-end (1-2/08/09), les interdictions d’arrosage en Loire-sud s’ajoutent.

On pourrait penser qu’un lien existe entre les deux, nommé sécheresse, pourtant les secteurs géographiques sont  différents puisque l’incendie a eu lieu en rive gauche du fleuve Loire alors que les communes concernées correspondent au bassin de rive droite. Curieux !

Notre région ne se situe pas habituellement dans les zones de climat méditerranéen affectées régulièrement par ce type d’incendies. La sécheresse estivale traditionnelle de ce climat, favorable aux feux, s’arrête dans la vallée du Rhône, selon les cartes climatiques de la France établies par l’ER30 du CNRS, vers Montélimar, si l’on prend en compte une durée de 2 mois secs et vers Tournon, si l’on considère un seul mois sec.

L’intéressant consiste à savoir dans quelles conditions les grands incendies méditerranéens peuvent  certaines années s’étendre au-delà dans nos départements ligériens ?

Si les départs de feu sont très nombreux dans cette retombée méridionale vers la plaine du Forez, ils déclenchent le plus souvent des feux de broussailles limités à quelques hectares dans ce secteur de la région Rhône Alpes où la pluviométrie moyenne est la plus faible avec à peine 600mm par an . L’incendie du dernier week-end est plus important avec une superficie brûlée de 50 hectares mais cette dernière, qui permet de classer les feux selon leur importance est notablement inférieure aux grands feux qui dans le passé ont atteint les départements ligériens :

Entre le 19 et le 21 aôut 2000, un incendie né dans la vallée de la Vocance en Ardèche a franchit la limite départementale dans la région de Burdigne en remontant vers le nord. La superficie brûlée avait dépassé 2000 ha et cet incendie était celui qui avait dévasté la plus grande surface de l’année 2000 en France.

A plusieurs reprises le versant nord du Pilat a été concerné par des incendies qui ont approché le millier d’hectares, en octobre 1985 lors d’une sécheresse d’arrière saison dans le secteur de Doizieux et en 1991 à la fin d’une longue période  sèche.

Dans un passé plus lointain, les hauteurs de Planfoy au dessus de la ville ont été à plusieurs reprises balayées par les flammes, mon père m’a même dit avoir passé une partie de son service militaire, vers 1926, à tenter d’éteindre les flammes en les tapant avec une pelle vers Fissemagne.

Le premier feu contemporain à avoir marqué la région a été celui qui a remonté le versant du val de Loire entre Vorey, Bellevue la Montagne et Chomelix, (Haute loire) fin août 1972. Il avait duré plusieurs jours et les flammes étaient visibles à plus de 50 km.

Ce n’est pas forcément lors des plus grandes sécheresses que nos départements ligériens sont affectés. En 1976, peu de choses à signaler, car la période sèche surtout printanière est arrêtée par des orages en juillet et août. En 2003, l’incendie très important de la vallée du Doux, est resté en Ardèche et n’a pas débordé vers la Haute Loire, mais on voyait l’horizon rougi la nuit.

La comparaison entre l’incendie du Week-end dernier et celui d’août 2000 est intéressante pour expliquer la très grande différence de superficie parcourue par le feu.

Les conditions météorologiques sont globalement semblables avec une bouffée chaude accompagnée d’un vent de sud sud-est violent après un trimestre globalement sec.

Ce trimestre mai-juillet en 2009 ou juin-août en 2000 n’est pas parmi les plus secs avec 150 mm en 2009 et 118 mm en juin et Juillet 2000, la plus grande partie de la pluviométrie d’Août 2000 s’étant produite après le feu ! Le sol est relativement sec, sans que cette condition soit extrême.

Les conditions atmosphériques de la bouffée chaude sont semblables avec une perturbation qui arrive de l’ouest  dont la progression est bloquée par un anticyclone centré au-delà des Alpes. Il en résulte un violent flux de sud dont la vitesse est accélérée par les axes du Rhône et de la Loire. En 2000 les rafales ont atteint 80 à 100 km/h alors qu’en 2009 Bouthéon a signalé 70 Km/h samedi vers 20 heures. En raison de son origine méridionale, cet air est particulièrement desséchant. Cet aspect est d’autant plus marqué pendant ce dernier week-end, car le flux atmosphérique descend des hauteurs du Massif central vers la plaine du Forez. Pendant ce temps là, des orages éclatent vers le nord-ouest. Ces derniers ont été particulièrement virulent sur la partie auvergnate du Massif central puisque une diagonale d’Aurillac à Clermont Ferrand et à Vichy a reçu de l’ordre de 26 à 42 mm de précipitations dans la soirée de samedi à dimanche (1 et 2 août 2009). Ces bouffées chaudes sont responsables des deux autres causes de l’incendie, la très faible hygrométrie de l’air par de très fortes chaleurs et le vent violent pour attiser les flammes et les exporter sur une très grande superficie.

Outre la très forte et rapide mobilisation des moyens de lutte contre le feu, qu’est-ce qui peut expliquer la grande différence de superficie parcourue par les flammes, 50 ha le dernier week-end contre 2000 ha en août 2000 ?

La durée des conditions météorologiques favorables à la progression du feu est très différente. Ce dernier week-end, la bouffée chaude avec fort vent de sud commence vers 15 heures le samedi et se termine dans la nuit du dimanche. Entre 1 et 2 heures, les rafales de vent faiblissent de 61 km/H à minuit à 26 km/h à 2 heures, et les premières pluies orageuses arrivent. L’incendie a utilisé au maximum ce créneau puisqu’il naît à 15 heures le samedi et qu’il est considéré comme maîtrisé à 6 heures le dimanche.

Lors de l’incendie d’août 2000, les conditions favorables au développement du feu ont duré 3 jours du 19 au 21 août. Pendant cette période, les flammes ont eu toute latitude pour progresser et balayer une surface beaucoup plus importante. Les pluies qui mettent souvent fin à ces épisodes de vent du sud se sont fait attendre comme je le relate à l’époque dans ma chronique N° 293 du 23 août 2000 sur Radio Espérance.

D’une façon générale, tous les incendies qui balayent une grande surface dans la région durent plusieurs jours car les conditions de vent et de fortes chaleurs par faible hygrométrie se maintiennent longtemps. Après l’incendie de 1972, qui avait duré plusieurs jours dans la région de Chomelix en Haute Loire, en discutant avec le chef de la station météorologique du Puy Chadrac à l’époque, j’avais appris que les secours souhaitaient un changement d’orientation du vent qui s’est fait attendre jusqu’au moment où l’on a pu maîtriser l’incendie alors qu’il était aux portes de Chomelix.

Ces situations météorologiques avec vent de sud desséchant et fortes chaleurs sont propres à la région quand des perturbations orageuses qui proviennent de l’ouest ou du nord-ouest ont des difficultés à atteindre l’est de la France. Canalisés par les reliefs, elles constituent un terreau favorable aux déclenchements d’incendies qui débordent des régions méditerranéennes. De leur durée dépend l’importance du risque qui disparaît ensuite avec la pluie ou le changement de temps qui suit.

Après un premier article, j’avais annoncé cette analyse plus complète sur mon blog, c’est fait. Pour les mesures d’interdictions d’arrosage, j’ai aussi placé sur http://gesta.over-blog. com quelques premiers éléments d’information sur les précipitations auxquels je vous renvoie, si vous le souhaitez, et que je compléterai peut-être par la prochaine chronique en liaison avec l’évolution du problème.

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur Radio Espérance , le texte de cette chronique étant repris sur zoom42.fr et mon blog : http:// gesta.over-blog.com

Bonne semaine

Gérard staron

Chronique N°739

Titre : Incendie et sécheresse en Forez !

Il est des semaines où l’activité climatique s’énerve en Forez, après l’incendie de forêt de Périgneux / Saint Marcellin du week-end (1-2/08/09), les interdictions d’arrosage en Loire-sud s’ajoutent.

On pourrait penser qu’un lien existe entre les deux, nommé sécheresse, pourtant les secteurs géographiques sont  différents puisque l’incendie a eu lieu en rive gauche du fleuve Loire alors que les communes concernées correspondent au bassin de rive droite. Curieux !

Notre région ne se situe pas habituellement dans les zones de climat méditerranéen affectées régulièrement par ce type d’incendies. La sécheresse estivale traditionnelle de ce climat, favorable aux feux, s’arrête dans la vallée du Rhône, selon les cartes climatiques de la France établies par l’ER30 du CNRS, vers Montélimar, si l’on prend en compte une durée de 2 mois secs et vers Tournon, si l’on considère un seul mois sec.

L’intéressant consiste à savoir dans quelles conditions les grands incendies méditerranéens peuvent  certaines années s’étendre au-delà dans nos départements ligériens ?

Si les départs de feu sont très nombreux dans cette retombée méridionale vers la plaine du Forez, ils déclenchent le plus souvent des feux de broussailles limités à quelques hectares dans ce secteur de la région Rhône Alpes où la pluviométrie moyenne est la plus faible avec à peine 600mm par an . L’incendie du dernier week-end est plus important avec une superficie brûlée de 50 hectares mais cette dernière, qui permet de classer les feux selon leur importance est notablement inférieure aux grands feux qui dans le passé ont atteint les départements ligériens :

Entre le 19 et le 21 aôut 2000, un incendie né dans la vallée de la Vocance en Ardèche a franchit la limite départementale dans la région de Burdigne en remontant vers le nord. La superficie brûlée avait dépassé 2000 ha et cet incendie était celui qui avait dévasté la plus grande surface de l’année 2000 en France.

A plusieurs reprises le versant nord du Pilat a été concerné par des incendies qui ont approché le millier d’hectares, en octobre 1985 lors d’une sécheresse d’arrière saison dans le secteur de Doizieux et en 1991 à la fin d’une longue période  sèche.

Dans un passé plus lointain, les hauteurs de Planfoy au dessus de la ville ont été à plusieurs reprises balayées par les flammes, mon père m’a même dit avoir passé une partie de son service militaire, vers 1926, à tenter d’éteindre les flammes en les tapant avec une pelle vers Fissemagne.

Le premier feu contemporain à avoir marqué la région a été celui qui a remonté le versant du val de Loire entre Vorey, Bellevue la Montagne et Chomelix, (Haute loire) fin août 1972. Il avait duré plusieurs jours et les flammes étaient visibles à plus de 50 km.

Ce n’est pas forcément lors des plus grandes sécheresses que nos départements ligériens sont affectés. En 1976, peu de choses à signaler, car la période sèche surtout printanière est arrêtée par des orages en juillet et août. En 2003, l’incendie très important de la vallée du Doux, est resté en Ardèche et n’a pas débordé vers la Haute Loire, mais on voyait l’horizon rougi la nuit.

La comparaison entre l’incendie du Week-end dernier et celui d’août 2000 est intéressante pour expliquer la très grande différence de superficie parcourue par le feu.

Les conditions météorologiques sont globalement semblables avec une bouffée chaude accompagnée d’un vent de sud sud-est violent après un trimestre globalement sec.

Ce trimestre mai-juillet en 2009 ou juin-août en 2000 n’est pas parmi les plus secs avec 150 mm en 2009 et 118 mm en juin et Juillet 2000, la plus grande partie de la pluviométrie d’Août 2000 s’étant produite après le feu ! Le sol est relativement sec, sans que cette condition soit extrême.

Les conditions atmosphériques de la bouffée chaude sont semblables avec une perturbation qui arrive de l’ouest  dont la progression est bloquée par un anticyclone centré au-delà des Alpes. Il en résulte un violent flux de sud dont la vitesse est accélérée par les axes du Rhône et de la Loire. En 2000 les rafales ont atteint 80 à 100 km/h alors qu’en 2009 Bouthéon a signalé 70 Km/h samedi vers 20 heures. En raison de son origine méridionale, cet air est particulièrement desséchant. Cet aspect est d’autant plus marqué pendant ce dernier week-end, car le flux atmosphérique descend des hauteurs du Massif central vers la plaine du Forez. Pendant ce temps là, des orages éclatent vers le nord-ouest. Ces derniers ont été particulièrement virulent sur la partie auvergnate du Massif central puisque une diagonale d’Aurillac à Clermont Ferrand et à Vichy a reçu de l’ordre de 26 à 42 mm de précipitations dans la soirée de samedi à dimanche (1 et 2 août 2009). Ces bouffées chaudes sont responsables des deux autres causes de l’incendie, la très faible hygrométrie de l’air par de très fortes chaleurs et le vent violent pour attiser les flammes et les exporter sur une très grande superficie.

Outre la très forte et rapide mobilisation des moyens de lutte contre le feu, qu’est-ce qui peut expliquer la grande différence de superficie parcourue par les flammes, 50 ha le dernier week-end contre 2000 ha en août 2000 ?

La durée des conditions météorologiques favorables à la progression du feu est très différente. Ce dernier week-end, la bouffée chaude avec fort vent de sud commence vers 15 heures le samedi et se termine dans la nuit du dimanche. Entre 1 et 2 heures, les rafales de vent faiblissent de 61 km/H à minuit à 26 km/h à 2 heures, et les premières pluies orageuses arrivent. L’incendie a utilisé au maximum ce créneau puisqu’il naît à 15 heures le samedi et qu’il est considéré comme maîtrisé à 6 heures le dimanche.

Lors de l’incendie d’août 2000, les conditions favorables au développement du feu ont duré 3 jours du 19 au 21 août. Pendant cette période, les flammes ont eu toute latitude pour progresser et balayer une surface beaucoup plus importante. Les pluies qui mettent souvent fin à ces épisodes de vent du sud se sont fait attendre comme je le relate à l’époque dans ma chronique N° 293 du 23 août 2000 sur Radio Espérance.

D’une façon générale, tous les incendies qui balayent une grande surface dans la région durent plusieurs jours car les conditions de vent et de fortes chaleurs par faible hygrométrie se maintiennent longtemps. Après l’incendie de 1972, qui avait duré plusieurs jours dans la région de Chomelix en Haute Loire, en discutant avec le chef de la station météorologique du Puy Chadrac à l’époque, j’avais appris que les secours souhaitaient un changement d’orientation du vent qui s’est fait attendre jusqu’au moment où l’on a pu maîtriser l’incendie alors qu’il était aux portes de Chomelix.

Ces situations météorologiques avec vent de sud desséchant et fortes chaleurs sont propres à la région quand des perturbations orageuses qui proviennent de l’ouest ou du nord-ouest ont des difficultés à atteindre l’est de la France. Canalisés par les reliefs, elles constituent un terreau favorable aux déclenchements d’incendies qui débordent des régions méditerranéennes. De leur durée dépend l’importance du risque qui disparaît ensuite avec la pluie ou le changement de temps qui suit.

Après un premier article, j’avais annoncé cette analyse plus complète sur mon blog, c’est fait. Pour les mesures d’interdictions d’arrosage, j’ai aussi placé sur http://gesta.over-blog. com quelques premiers éléments d’information sur les précipitations auxquels je vous renvoie, si vous le souhaitez, et que je compléterai peut-être par la prochaine chronique en liaison avec l’évolution du problème.

 

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Bonne semaine

 

Gérard staron

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