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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 14:04

 

Le vent du sud est la vedette de la semaine dans le centre est de la France


    Nous avons annoncé son arrivée lundi, son aggravation mardi, sur nos prévisions météorologiques des départements de la Loire, La Haute Loire et le Puy de Dôme.  Il fait même les prolongations mercredi. Il ne me semble pas avoir entendu d’autres annonces à son sujet pourtant ce flux virulent est un classique des hautes terres de l’est du Massif central et de ses dépressions.

Sans atteindre le niveau d’une tempête, les rafales maximales approchent des 80 km/h dans la journée du 22 juillet avant 18 heures autant à Saint Etienne, Clermont Ferrand, le Puy et Lyon. Comme les vitesses forcissent, ces seuils sont susceptibles d’être franchis dans la nuit de mercredi à jeudi. Sur les reliefs au dessus de 1000 mètres, en particulier les sommets arrondis, les vitesses approchent ou dépassent les 100 km/h. Ces vitesses ne sont pas exceptionnelles, atteignent à peine le niveau de la tempête, mais dans ces conditions, il est recommandé d’arrimer fortement tout ce qui peut fournir une prise importante au vent.

Au moment où je construis cette chronique, il est même possible que les rafales les plus fortes n’aient pas eu lieu car c’est souvent juste avant le passage des fronts pluvio-orageux qu’elles se produisent. Le souffle assourdissant que j’entends dehors au moment où j’écris ces lignes me fait regretter de ne pas posséder une anémo-girouette pour mesurer de façon plus scientifique le flux virulent qui balaie ce mercredi soir les plateaux des confins du Velay et du Vivarais. Les stations habilitées à donner des vitesses sur un mat à 10 mètres du sol, hauteur légale sont hélas situées dans des zones plus basses présentant moins de prise au vent.

Ces villes des sillons méridiens du Centre-est de la France sont les seules à subir des vitesses de vent importantes lors des journées de mardi et mercredi de cette semaine. Cette accélération des flux atmosphériques est classique dans ces régions. Elle provient de l’exagération par des conditions géographiques de l’affrontement entre une perturbation descendant des hautes latitudes qui tente de progresser vers l’est en liaison avec une dépression centrée dans le bassin Aquitain et un anticyclone centré sur l’Italie du nord qui s’arqueboute sur l’Arc alpin et s’oppose de toutes ces forces à l’arrivée de la perturbation.

L’affrontement est tellement équilibré que la différence de pression entre les deux centres d’action évolue peu entre le 21 et le 22 juillet. Mardi les pressions baissent de 1017 hpa au-delà des Alpes à 1006 hpa dans le bassin Aquitain. Mercredi les valeurs sont respectivement de 1016 et 1003 hpa. Cette différence de pression est suffisante pour provoquer un fort vent de sud sur les zones situées entre les deux. La vitesse d’un vent dépend directement de ce dernier paramètre que l’on nomme le gradient de pression.

Les facteurs géographiques aggravent cette situation :

-les Alpes qui servent de citadelle sur laquelle les hautes pressions résistent

-les axes méridiens qui canalisent les flux atmosphériques et les accélèrent que ce soient ceux du Rhône, de la Loire et de l’Allier

-Les plateaux du Massif central par leur planéité présentent leur crête au balayage des vents  accéléré par l’altitude, qui ne subissent aucun frein sur ce relief.

Alors que l’on annonce dans tous les ouvrages de géographie que les vents d’ouest prédominent en France, ces particularités géographiques, en particulier la canalisation par les axes méridien du relief expliquent que ces régions du Centre-est de la France comprises entre la moyenne vallée du Rhône au sud et le nord du Massif central au niveau du Roannais et du Beaujolais présentent une rose des vents déformée avec une prédominance de vents du sud comme de nord car un axe a toujours la particularité de fonctionner dans les deux sens.

C’est d’ailleurs pour cette raison que ces mêmes régions présentent souvent des renversements de flux atmosphériques avec des flux de sud virulents avant le passage des perturbations et des vents de nord tous aussi forts après, en particulier avec le fameux mistral dans la vallée du Rhône.

L’autre particularité de ces vents de sud rend les stations situées dans la retombée septentrionale du Massif central les plus chaudes de France avec un énorme décalage entre les hauteurs du Massif central et sillons de la Loire et de l’Allier immédiatement au nord.

Le 21 juillet Vichy était la ville la plus chaude de France avec 35,2° pour les températures maximales, Clermont Ferrand atteignait à  peine moins avec 34,3°, ainsi que Saint Etienne avec 32,4°. Ce jour là Lyon et Montélimar dépassent à peine 30° et toutes les stations des régions méditerranéennes présentent des maximums de températures en dessous de 30° sauf Carpentras avec 33,3° et Le Lux avec 32,1°.

Le 22 juillet a des niveaux un peu plus faible. A 17 heures, il faisait encore 25° à Vichy, Clermont Lyon alors que Carpentras ne dépassait pas 19°.

Quand l’air en provenance du sud a franchi les crêtes du Massif central, il se réchauffe à un rythme très rapide en descendant sur le flanc nord du relief. Il augmente de 1° par tranche de 100 mètres d’altitude car il s’agit d’un air sec. Ceci explique que les températures soient plus élevées par vent de sud au nord du massif.

Un autre aspect ajoute les effets des températures et du vent. En raison de l’ensoleillement, toutes les conditions sont remplies pour que l’air chaud s’accumule dans ces dépressions en fin de journée. Il attire alors les flux atmosphériques. C’est pour cette raison que l’accélération de ce vent de sud est maximale en fin d’après-midi ou en début de nuit car c’est le moment où cette aspiration de l’air par ces dépressions chaudes est maximale. On observe dans la journée un rythme diurne semblable à celui de l’accumulation de l’air chaud au sol avec des rafales faibles en fin de matinée qui forcissent ensuite pour obtenir un maximum en fin de journée, le même rythme que celui de la convection ou la probabilité de déclenchement des orages

D’ailleurs ce vent desséchant qui fait jaunir parfois les jeunes pousses de végétaux, est ressenti de façon très différente sur les plateaux d’altitude et dans les dépressions qui longent le fleuve Loire et son affluent l’Allier. En hauteur, ce vent  gênant par sa vitesse laisse une impression plutôt rafraîchissante, alors que plus bas, il s’abat à la façon d’une lourdeur étouffante. Les écarts de températures sont en effet très forts pour les températures maximales entre ces deux niveaux, parfois plus de 7 à 8° avec un gradient qui peut atteindre 1,5° pour 100 mètres. C’est le cas Le 22 à 17 h entre Le Puy en Velay et Clermont Ferrand.

Les mêmes régions du Centre-est de la France qui canalisent les vents au point de rendre les directions méridiennes  de nord ou de sud dominantes sont aussi celles qui exacerbent les contrastes thermiques. Avec l’exemple de cette semaine, nous venons de voir comment les réchauffements par vents de sud sont exagérés dans les dépressions qui longent la Loire et l’Allier. En sens inverse, elles servent aussi de véritables pièges à froid  dans les dépressions ou contre les flancs de ses reliefs.

Dans  l’année  que nous vivons où notre région se situe souvent en limite des zones d’influences respectives des perturbations qui descendent des hautes latitudes et des anticyclones méditerranéens qui tentent d’établir des conditions plus estivales, ces oppositions de centres d’action se moulent dans le Centre-est de la France sur les reliefs par ces flux atmosphériques de nord et de sud virulents. Ces derniers alternent souvent avec des contrastes thermiques saisissants très nombreux pendant ces derniers mois.

Au moment où vous m’écouterez vous entretenir du vent du sud, nous serons certainement passé dans celui de nord avec tous les changements induits que vous constaterez.

 

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes  ou le site de Radio Espérance, 13 h 15 en direct, le texte étant repris sur zoom42.fr et ce blog.

 

Bonne semaine

 

 

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