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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 19:52

Chronique N°734


Alors que le discours sur le réchauffement de la planète connaît un regain substantiel, les éléments statistiques récents devraient obliger pourtant à la modération.

Ce dernier mois de juin est un excellent exemple. Si je prend pour références mes deux postes de Montregard et de Saint-Etienne, les moyennes approchées 14,9° pour le premier et 18,7° pour le second sont à peine supérieures de quelques dixièmes à celles de l’an dernier respectivement 14,5° et 18° et elles sont inférieures à la moyenne des 4 dernières années depuis le début des observations soit 15,2° et 18,8°. Nous venons donc de connaître un mois de juin moyen où les périodes de flux de nord ont équilibré les vagues de chaleur anticycloniques du milieu ou de la fin du mois.

A la moitié de l’année, un bilan provisoire thermique peut être établi. 2009 présente une moyenne en baisse pour les 6 premiers mois de l’année par rapport à 2008. L’écart est de 0,5° à Saint Etienne avec 9,7° contre 10,2 l’an dernier. Il est encore plus important en altitude à Montregard soit 0,9° avec 6,2° en 2009 contre 7,1° en 2008. Ceci signifie que l’énorme retard accumulé pendant l’hiver n’a pas été encore compensé par les températures des mois ultérieurs un peu supérieures à celles de 2008. Une différence se creuse aussi entre le milieu urbain de Saint Etienne et les zones d’altitude de Haute Loire où le refroidissement est plus net. Quand on sait que les températures sont en constante baisse depuis le pic de 2006, 2007 était déjà classé au 9ème rang des années en fonction de leur chaleur, 2008 était au delà du 20ème rang. Si le deuxième semestre confirme le premier, 2009 fournira une moyenne proche ou légèrement en dessous de 2008 soit au-delà du 20ème rang. Il est donc impossible de parler de réchauffement, mais on peut évoquer une pause dans la hausse des températures ou un refroidissement ce que confirmeront les mois à venir. Le réchauffement des températures ,constaté dans les 20 dernières années du 20ème siècle et les premières du 21ème, connaît donc un arrêt long puisque l’on en est à la troisième année consécutive de baisse.

Autre façon d’analyser l’évolution des températures : les moyennes coulissantes sur 12 mois. Ces dernières après un maximum pour les séries mai 2006/avril 2007 ou juin 2006/ mai 2007, ont chu en passant par un minimum pour la série mars 2008/ février 2009 dans des proportions comprises entre 2,5° et 3° selon les diverses stations européennes pour retrouver des valeurs basses qui n’avaient pas été observées depuis 1997. Depuis, les températures de mars à Juin 2009 ont été légèrement supérieures à celles des mêmes mois de 2008. Quand on effectue le bilan pour mes stations, la moyenne coulissante juillet 2008/juin 2009 n’a regagné que 0,4° par rapport à celle la plus basse mars2008/février 2009. Ceci signifie que les températures moyennes sur 12 mois sont toujours inférieures de 2° par rapport à ce qu’elles étaient, il y a plus de 2 ans, plus précisément -2,3° pour Saint Etienne et – 2,6° à Montregard.

Dans ma chronique 718, comme Jean Louis Greineisen dans le bulletin des météorologistes d’entre Rhône et Loire, nous avons observé que, tous les 3 ans environ, les moyennes de températures coulissantes sur 12 mois montrent  un pic. Le dernier, le plus important connu, date de avril ou mai 2007 selon les stations. Si la périodicité devait continuer un nouveau maximum devrait se produire à la fin du printemps 2010. Pour que les températures remontent seulement au niveau du précédent pic, il faudrait qu’en moins d’un an la température moyenne sur 12 mois remonte de plus de 2°, une gageure que l’on voit mal le ciel relever !

Autre remarque, dans un récent article, Guy Blanchet a  annoncé sur le bulletin N°50 des météorologistes d’entre Rhône et Loire que l’hiver 2008-2009 avait été chaud au niveau de l’ensemble de la planète  avec des anomalies positives de l’ordre de 0,5° qui le placerait entre la 7ème et 9ème position sur 130 ans pour sa douceur selon le NCDC de la NOAA. Il ajoute un peu plus loin que les 10 années les plus chaudes ont toutes eu lieu depuis 1997. Si l’on rapproche ces deux informations, ceci veut dire que l’hiver dernier a été l’un des plus froid depuis 1997 !

 Que l’on prenne la question par quelque bout que ce soit, une conclusion s’impose : l’arrêt du réchauffement depuis 2007. La seule incertitude portant sur la continuation ou l’ampleur du phénomène dans les mois ou les années à venir.

Un autre paramètre confirme : L’évolution récente de la superficie de la banquise. Il suffit d’aller sur « Cryosphère today » pour suivre jour après jour la superficie englacée selon NOAA. Que constate-t-on ? Après une faiblesse notoire à la fin de la saison chaude 2007, la banquise se reconstitue régulièrement. La fusion de la saison chaude 2008 a été beaucoup plus faible que celle, record, de 2007.  La reconstitution des surfaces englacées à l’automne 2008 a été beaucoup plus précoce et importante que les années précédentes. Actuellement, les superficies englacées sont supérieures d’un ½ millions de kilomètres carrés à ce qu’elles étaient l’an dernier à la même époque. Même à ce niveau, où l’on agite le spectre de la catastrophe, l’hémorragie constatée jusqu’en 2007 est enrayée et les surfaces englacées se reconstituent progressivement.

Il y a eu effectivement au cours du XXème siècle une augmentation des températures de l’ordre de 0,6° ou 0,7°. Ce phénomène s’est même poursuivi pendant les toutes premières années du siècle qui débute, mais l’histoire de la climatologie montre que toutes les évolutions ont une fin. Ce n’est pas parce qu’un phénomène s’est poursuivi pendant une longue période, qu’il doit obligatoirement continuer et même s’amplifier comme les modèles mathématiques l’on prédit pour le prochain siècle.

Ne pas oublier en effet que les peurs concernant le réchauffement climatique reposent sur des simulations mathématiques très complexes basées sur un sophisme assez simple. L’homme rejette de plus en plus de gaz à effet de serre, donc l’augmentation de l’effet de serre va faire croître les températures, ce qui constitue un danger pour la planète.

C’est oublier deux aspects majeurs :

Les phénomènes climatiques font intervenir tellement de paramètres qu’il est risqué de privilégier l’un d’entre eux et d’en déduire une évolution des températures pour le siècle à venir qui pourraient être contredite par d’autres facteurs explicatifs que l’on connaît peu aujourd’hui. Le ciel est encore un mystère pour les climatologues dans beaucoup de domaines.

La crise économique actuelle est née de la confiance que le monde de la finance à pu faire dans les produits complexes crées par les mathématiciens. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est fort possible que les élucubrations mathématiques construites autour des modèles de l’évolution du climat conduisent aux mêmes effets que les produits financiers mathématiques complexes.

Dernier élément, il semble que le scepticisme vis-à-vis des dangers du réchauffement de la planète ait coûté un ministère à une personnalité connue. Je ne me prononcerai pas sur le passé scientifique complexe de la personne qui n’est d’ailleurs pas un climatologue de formation et que tout le monde a reconnu. Par contre, j’ai reçu moult courriels de climatologues se mobilisant pour éviter cette nomination, ce qu’ils ont obtenu. Le fait grave, camouflé mais confirmé par cette affaire, est qu’il est impossible aujourd’hui d’accéder à des postes importants dans la fonction publique sans souscrire aux idéologies en vogue. Aujourd’hui c’est le réchauffement de la planète. Selon les périodes c’est  le marxisme officiel ou rampant, ou la laïcité virulente contre le catholicisme.

Ceux qui dénoncent l’affaire Galilée, un autre banni idéologique, devraient observer que le monde scientifique moderne peut être à l’origine de très nombreux petits « Galilée ». Cette fois, l’église n’y est pour rien !

Le violent orage de jeudi soir sur Saint-Etienne est hélas arrivé trop tard pour cette chronique, vous pourrez trouver une analyse sur mon blog : http://gesta.over-blog.com, en compagnie de ce texte et Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance. Bonne semaine à tous.

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