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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 19:12

 La bulle climatique contribue à aggraver la crise actuelle de l’économie réelle.

    Je présente naturellement tous mes vœux aux auditeurs et lecteurs à un moment où des souhaits constituent une espérance de dissiper les nuages actuels et où les aspects climatiques jouent un rôle important dans la crise économique.


    Il est de bon ton de parler de l’éclatement de la bulle financière, pourtant une bulle climatique l’accompagne. Quels éléments les rapprochent ? Il s’agit de deux spéculations mathématiques : un jeu camouflé derrière les habits de la science.

 Au niveau financier, les ordinateurs ont pondu des produits d’une telle complexité mathématique que des formes de prêts basés sur des gages en grande partie fictifs et très éloignés de l’économie réelle se sont développés jusqu’au moment où l’écart avec le réel a été tel que l’ensemble s’est écroulé menaçant le système.

La bulle climatique est de même nature. En prenant en compte une corrélation, méthode mathématique autrefois critiquée, des modèles ont mis en place une poursuite démesurée de la hausse de la température du siècle précédent dans celui qui commence. Les calculs sont aussi sophistiqués que l’idée de départ est simpliste : l’homme rejette des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, ces derniers augmentent les températures et pour éviter cette hausse, il faut réduire ces rejets. Ces spéculations sont aussi éloignées du terrain géographique et de la météorologie quotidienne que les créances douteuses qui ont provoqué la crise financière sont éloignés de l’économie réelle.

Ce décalage n’est peut être pas encore aussi criard, mais ces deux dernières années montrent au niveau thermique qu’entre les prévisions alarmistes de hausse de températures annoncées pour ce siècle et l’évolution observée, un hiatus s’agrandit régulièrement. La baisse des températures de 2007 puis de 2008, l’hiver en cours, la hausse des précipitations corrélatives devraient déjà interroger (chronique précédente).

Cette bulle climatique est aussi celle du pétrole. La spéculation qui l’a conduit vers les sommets au milieu de l’année a été d’ordre climatique. Pour rendre moins coûteuses, les énergies renouvelables, pour modifier les habitudes en matière de transport, soit dissuader les populations d’utiliser l’automobile, pour obliger à économiser l’énergie, un pétrole très cher était nécessaire pour les mouvements supposés défenseurs de la planète. L’importance de la spéculation climatique dans la hausse du prix du pétrole est attestée au moment de la baisse. Les conditions de production n’ont pas changé. La pénurie annoncée d’or noir ne fait plus peur. Les conditions géopolitiques sont identiques, par exemple au Proche Orient. Les troubles de certains pays producteurs subsistent. Les problèmes terroristes continuent. La baisse des prix du pétrole était même largement entamée au moment du début de la crise économique. Le seul changement : la spéculation climatique s’est essoufflée.

 Le problème des idéologues n’a pas été le fait de faire monter les prix, mais de le maintenir à un niveau élevé. En effet les pointes des prix des matières premières et énergétiques durent très peu. La chute est rapide dans une économie de marché surtout quand la hausse est  spéculative dans une période  sans grand changement des éléments de fond. Le prix reste longtemps très bas ensuite . C’est pourquoi le bruit émis avec insistance d’une nouvelle hausse prochaine est plus un souhait incantatoire sans grande conviction de ses auteurs idéologiques qu’une prévision réaliste.

Cette bulle climatique correspond pour la première fois dans le monde à la mise en place d’une politique presque universelle pour lutter contre le réchauffement de la planète qui a son coût social et économique. Ces dernières mesures partagent avec la crise financière l’explication des grandes difficultés de nombreux secteurs économiques.

L’automobile est l’accusé principal du réchauffement de la planète en raison de ses rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Tout est fait pour diminuer sa part au profit des  transports en commun. Elle est coincée entre une demande précipitée de voiture propre sans rejet de gaz à effet de serre, et la faible pertinence des solutions techniques proposées pour sortir cette industrie de la consommation des produits pétroliers. La conjonction entre les difficultés du crédit et la lutte contre le supposé futur réchauffement de la planète ruine complètement un secteur économique entier.

Ne constatez vous pas que les industries qui délocalisent correspondent à des secteurs industriels qui rejettent des gaz à effet de serre. On invoque toujours la différence de salaire avec les pays vers lesquels fuient ces industries, mais depuis l’application du protocole de Kyoto, ces entreprises doivent aussi acheter des droits à polluer pour continuer leurs activités à des pays émergents. Les normes de rejets d’effluents dans l’atmosphère, les eaux ou les sols sont durcies régulièrement et provoquent des investissements importants dans nos pays européens  Ce sont les mêmes pays émergents qui ont les bas salaires, à qui il faut acheter ces droits à polluer et qui ont beaucoup moins de contraintes techniques au niveau des effluents que nous. Ils ont 3 raisons d’attirer nos anciennes industries L’aspect climatique et écologique  a donc un rôle majeur dans ces délocalisations.

Le grand leitmotiv actuel est de faire miroiter une masse d’emplois potentiels dans les énergies ou les industries propres. Le seul problème est qu’il y a actuellement un double contraste. Le premier entre la masse des activités susceptibles d’être détruites, l’automobile qui utilise le pétrole, la chimie qui pollue les sols et les eaux, d’autres comme le plastique et la faiblesse actuelle des secteurs porteurs d’emplois dans les domaines liés au développement durable. Le second est l’absence de rentabilité de ces secteurs nouveaux qui ne doivent souvent leur succès qu’aux subventions qui les portent à bout de bras. Le prix auquel EDF est contraint  d’acheter le Kilowatt fournit par les éoliennes ou le solaire est infiniment plus cher que celui de ses centrales hydrauliques ou nucléaires. Toutes ces activités contribuent aujourd’hui fortement aux déficits des budgets.

On justifie toutes ces décisions par la peur des calamités, par la multiplication future de réfugiés climatiques qu’apporteraient le réchauffement de la planète en raison de la hausse des eaux maritimes, or bien avant leur arrivée, ces mesures accumulent chez nous des hordes de chômeurs tout aussi climatiques. Quand l’Union européenne adopte à cette fin d’année des plans de relance d’une part et le paquet Energie-Climat d’autre part. D’un côté elle tente de garder des emplois que d’un autre  elle détruit massivement.

J’avais choqué en 2005 dans une réunion.  J’avais précisé que le développement durable, ne serait un véritable développement que s’il était capable de générer des activités plus importantes que les précédentes polluantes et surtout aussi rentables, si non, avais-je ajouté, ce sera la récession durable. Nous y sommes.

Il ne faut jamais forcer une évolution avant qu’elle ne soit à maturité. Le charbon a été autrefois remplacé, le pétrole le sera aussi, les énergies et les industries propres se développeront, mais dans de nombreux domaines les remplaçants rentables manquent. Certains courants idéologiques ont tenté de faire pression en utilisant la peur climatique pour brûler les étapes et exiger un sens « vertueux », c’est à dire extrémiste. Ils ont peut être réussi au niveau des mentalités, ils ont convaincu les états, mais ils ont échoué au niveau économique. Certains voulaient aussi s’en prendre à l’économie de marché ! A vouloir passer en force, ces idéologies aggravent aujourd’hui une crise de l’économie réelle qui aurait été bien plus faible si elle n’avait eu à subir que le seul poids d’une crise financière. L’éclatement des dernières bulles financières n’avait guère eu d’impact sur l’économie réelle, si aujourd’hui l’aspect est si dévastateur c’est qu’il s’ajoute la bulle climatique.

 

     Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes ou le site de Radio Espérance 13 h 15, le texte étant repris sur les portails Internet zoom42 et zoom43.fr   et  ce blog .

http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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commentaires

clovis simard 02/11/2012 00:31


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.20 - THÉORÈME des BULLES. - Conscience et Corrélation ?

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  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
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