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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 22:49

 

      2008 risque de rester sur les tablettes comme l’année du « contre-pied ».
Des précipitations élevées, des températures en baisse, un début d’hiver tonitruant devraient interroger…
L’année du contre-pied pour les précipitations. Alors que l’on annonce de tous côtés que le spectre de la sécheresse et de la pénurie d’eau plane sur le monde, dans notre pays la seule incertitude actuelle est de savoir si les records absolus de précipitations vont être dépassés. C’est déjà fait pour Retournac en Haute Loire où avec plus de 1150 mm un nouveau record annuel depuis 1926 a été établi dépassant les 1029,8 mm de 1994. Dans de très nombreuses régions françaises l’incertitude de cette fin d’année est de savoir quelle médaille va obtenir 2008 au niveau de l’année la plus arrosée. Pour ma part à Saint Etienne j’ai recueilli 1048,8 mm , beaucoup plus que le record de Bouthéon (991 mm en 1977) depuis la seconde guerre mondiale situé 100 m en dessous, déjà sur le podium de la Métare situé 80 m au dessus. Il en est de même au Puy, à Lyon et dans bien d’autres régions.

Les côtes méditerranéennes de l’Espagne, de la Catalogne à la Costa del sol, qui défraient la chronique par leur manque d’eau au point que des navires alimentent Barcelone depuis Marseille, ont connu des abats pluvieux nombreux autant au printemps, avril et mai, qu’en automne. Les zones les plus sèches de l’Europe du Levant à la Costa del Sol ont connu des précipitations importantes pendant l’automne en particulier sur les secteurs de Valence et de Malaga. Ceci ne veut pas dire que ces régions aient réglé leur problème d’eau car l’augmentation des besoins avec les cultures irriguées et le tourisme massif ne sauraient être compensée par une progression des pluies. Le ciel est un partenaire récalcitrant.

Les principaux aquifères très souvent en baisse depuis leurs maximums de 2002 et 2003 ont connu en 2008 une amélioration. La  nappe de Beauce avait dépassé le second seuil d’alerte et les mesures de restrictions prévues pour l’irrigation avaient provoqué une manifestation des agriculteurs à Chartres en avril 2008. Depuis elle a franchi en sens inverse ce second seuil d’alerte en mai et en juin et sa baisse estivale a été très faible.

 Les médias continuent à faire pression pour économiser l’eau, un message pour le moins décalé par rapport aux conditions de l’année.

Alors que le grand soir de la lutte contre le réchauffement de la planète est censé arriver avec le ralliement supposé aux théories en cours du nouveau président des Etats-Unis et l’adoption du paquet « Energie-Clima » par l’Union Européenne, le bilan thermique de 2008 est encore un bon contre-pied. Il s’agit de la seconde année consécutive de baisse sensible de la moyenne annuelle. Alors que le mois de décembre ne va pas réchauffer les moyennes, sur les 11 premiers mois de l’année, à fin novembre 2008, je notais 0,3° de moins à Saint Etienne et 0,5° de moins à Montregard par rapport à 2007. Au Puy Chadrac, alors que l’année 2006 était la seconde plus chaude depuis 1929, 2007 descendait déjà au 9ème rang et 2008 devrait arriver en 20ème position. Si l’on effectue l’évolution des températures selon une moyenne coulissante sur 12 mois qui annule les phénomènes saisonniers, l’année mai 2006 – avril 2007 a été la plus chaude et depuis les températures sont descendues de l’ordre de 2°, sur l’ensemble des stations d’Europe pour lesquelles nous avons fait les calculs soit, outre celles de notre région , Francfort, Lille, Anvers, Laval, Le Mont Aigoual, et d’autres.

Il est incontestable que les températures ont beaucoup monté depuis 1975 mais un changement de tendance semble en cours et se confirme mois après mois depuis mai 2007. Comme au cours du XXème siècle les températures ont évolué selon des périodes de 20 à 30 ans, après 30 ans de réchauffement depuis 1975 environ, il risque de s’ouvrir une durée de même longueur, de pause dans le réchauffement ou de refroidissement selon les volontés du  ciel.

Le grand argument pour nier ce changement de tendance consiste à signaler que les deux derniers hivers ont été doux. Il est exact que janvier et février 2007 puis 2008, ont présenté des anomalies thermiques positives notoires. Là encore les surprises désagréables risquent de se produire en janvier et février 2009. Le début en fanfare de l’hiver lors de ce mois de décembre a déposé des couches neigeuses épaisses à des latitudes assez basses autant du côté américain qu’européen. Aux Etats-Unis toutes les régions au dessus du 40ème degré de latitude, celle du sud de l’Italie, se sont dotées d’une couche supérieure à 30 cm. Le manteau occupe toutes les montagnes européennes à des altitudes inférieures à 1000 m avec des épaisseurs importantes. Les chutes sont même descendues sur l’Atlas le 15 décembre et ont recouvert l’ensemble de l’Anatolie (Asie Mineure) le 24. Cet enneigement massif constitue un réfrigérateur qui risque de pousser les températures de janvier et février 2009 vers la baisse quelques soient les conditions atmosphériques. Ceci risque d’accentuer la baisse des températures et de commencer 2009 sur des bases de refroidissement, d’autant plus que les mois correspondants de 2008 ont été très doux.

Autre exemple de contre-pied,  des annonces tonitruantes et alarmantes  ont été effectuées au sujet des glaces polaires arctiques. Certains ont annoncé que le Pôle nord aurait pu être déglacé pour la première fois en 2008, rien ne s’est produit. Au sujet de l’expédition Tara, la revue « Géo » a écrit « cette année confirme la forte tendance de la réduction de la glace de mer d’été ». Sur le même article cité on apprend que la superficie minimale annuelle de la banquise de 4,13 millions de km2 le 16 septembre 2007 est passée à 4,52 millions de km2 le 12 septembre 2008. Drôle de diminution.

Le dernier rapport de l’OMM de novembre 2008 montre que les glaces arctiques sont en progression par rapport à l’année précédente. Au mois de décembre la banquise a rempli la Baie d’Hudson et progresse le long des côtes du Labrador, a débordé sur la mer de Béring et la mer d’Okhotsk vers l’Océan Pacifique,  et a atteint le Spitzberg et la Nouvelle Zemble du côté Européen.

2008 émet au niveau climatique un message fortement discordant par rapport aux théories ambiantes de réchauffement de la planète ou de diminution des précipitations. Il est difficile de le nier car tous les éléments convergent sur des continents entiers et sont confirmés mois après mois. Pour l’instant les tenants des idéologies en cours mettent en place deux types de parades. Soit ils tentent de trouver des régions de la planète qui subissent des conditions différentes comme la Russie en novembre, soit ils réduisent ces évolutions de 2008 à des variations temporaires insuffisantes pour remettre en cause la tendance générale. L’entêtement est mauvais conseiller, mais ce contre-pied troublant intervient à un bien mauvais moment, celui où l’idéologie du réchauffement semble être admise par la planète politique entière.

L’ordre dans l’arrivée des éléments de ce changement de tendance est fort intéressant  avec d’abord l’augmentation des précipitations, marquée dès mai 2007, puis l’arrêt du réchauffement pendant la saison chaude, ensuite la moindre fusion de la banquise arctique estivale et enfin l’arrivée d’un hiver au début très blanc et réfrigérant. Ceci signifie que l’évolution a commencé par l’atmosphère et la couverture nuageuse d’altitude où se trouvent les précipitations potentielles, pour s’étendre peu à peu à des éléments climatiques au sol. C’est aussi contradictoire avec les explications à la mode qui privilégient le rôle de l’action de l’homme sur le climat au sol. Il semble que le « Ciel » ait décidé de montrer qu’il restait le maître !


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes  ou le site de radio Espérance à 13 h 15 pour la suite de ce bilan annuel, le texte étant repris sur zoom42 et zoom43.Fr et ce blog.

 Bonne année à tous.

 

 

 

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