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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 18:18

Le bilan de l’eau : ensemble des postes de l’association

Une saison chaude 2008 sans sécheresse !

Gérard Staron


Cet article a été aussi publié dans le numéro N°43 , novembre 2008, de "Au fil du temps" , bulletin de l'association des météorologistes d'entre Rhône et Loire.

 

  La saison estivale présente sous nos climats un déficit pluviométrique traditionnel. L’ETP, évapotranspiration potentielle[1] en liaison avec les températures élevées, est en principe supérieure aux précipitations. Un déficit pluviométrique en résulte. Les végétaux doivent puiser dans la réserve en eau du sol pour satisfaire leurs besoins.

Cette année, ce mécanisme a été modifié par une pluviométrie abondante et des températures modérées. Les très grandes variations géographiques des précipitations orageuses ont aussi provoqué une multiplication des situations du bilan de l’eau. L’adjonction du mois de septembre avec sa forte pluviométrie dans le fond de la vallée du Rhône ajoute un peu de piment à la complexité. Seul le poste d’Ecully a subi un déficit continu de mai à septembre, mais toutes les stations ont connu au moins 1 mois déficitaire avec toutes les combinaisons possibles. Quand il n’y en eut qu’un, ce fût août pour Violay et Tarentaise et non juillet comme d’habitude.

Voilà qui ne facilite pas les calculs et surtout leur présentation simple. Nous avons choisi de mentionner la situation de chaque mois avec le déficit pluviométrique (ETP ≥ P) précédé du signe (-)  ou l’excédent  (P ≥ ETP) et le pourcentage restant de la réserve du sol à fin septembre calculé à partir d’une réserve totale décidée arbitrairement à 100 mm. La présentation de cumuls aurait été sans signification réelle, sauf à Ecully, dans cette situation complexe puisque la ponction sur la réserve du sol en période de déficit (abaque particulière) n’est pas égale à la reconstitution lors des mois du retour à l’abondance ! Un simple calcul arithmétique ne correspondrait pas, dans ce cas erratique, à la situation la plus proche possible de la nature. Nous avons fait figurer en gras les postes qui améliorent leur situation hydrique en septembre !

station

report mai08

juin-08

juil-08

août-08

sept-08

% réserve du sol

Montmelas

 

-4,3

-8,4

11,6

-3,1

97%

Noirétable

 

-15,5

36,2

-7,7

6,7

100%

Violay Gabotin

 

33,3

47,6

-16,8

2,6

86%

Tarentaise

 

71,3

25,9

-19

57,8

100%

Montchal

 

-9,5

39

-31,5

24

97%

Bard

 

-12,8

5,9

-35,3

-1,6

65%

Leigneux

 

-33,4

21,8

-35

-11,1

56%

Bron

-30,8

-66,6

37,7

-31

73,3

100%

Villefranche

-15,6

-26,3

0

-21

31,9

84%

Pierre Bénite

-7,9

-73,7

81,9

-20,9

49,1

99%

Anse

 

-33,4

21,8

-35

31,6

71%

Corbas

-13,4

-70,6

-8,5

-21,1

75

100%

Andrézieux

 

-36,4

-30

-36

-2,3

35%

Saint-Etienne

 

-44,2

-30,2

-5

-1,5

45%

Ecully

-9,7

-52,5

-49,5

-29,3

-4,8

24%

La situation de 2008 manie le paradoxe à tous les niveaux.

La comparaison avec mes publications antérieures confirme l’exceptionnelle abondance en eau de l’été 2008 jusqu’à fin Août puisque pour la série 1951-1970 le déficit pluviométrique cumulé de saison chaude d’une année normale dépasse 150 mm dans toutes les plaines et bassins qui longent la Loire ![2] Aucun poste n’atteint de telles valeurs cet été en 2008. Par contre septembre accroît les contrastes, aggrave les déficits sur de nombreuses zones où ce mois commence normalement la reconstitution de la réserve en eau du sol par exemple à Saint Etienne.

 L’altitude est un facteur principal classique pour structurer le manque d’eau de la saison chaude. Plus on s’élève, plus les températures diminuent, en conséquence l’E.T.P. faiblit. Comme les précipitations sont théoriquement en hausse, les montagnes présentent un déficit pluviométrique plus faible sur une période réduite. Sur les reliefs les plus élevés, les calculs sur la série 1951-70 montrent que seul un mois présente un déficit, comme cette année pour Tarentaise et Violay-Gabotin, mais il s’agit de juillet et non d’août comme en 2008. Violay-Gabotin est même un peu bas sur un relief à la pluviométrie modérée,  pour rentrer dans cette catégorie en année normale.

Il suffit d’examiner le tableau ci-dessus pour constater que cette règle présente de très nombreuses dérogations géographiques.

---La métropole lyonnaise commence dès mai le déficit estival et l’accentue fortement en juin. A partir de Juillet et à nouveau en septembre, la forte pluviométrie change la donne et les postes de l’est lyonnais bénéficient d’une abondance que je suspecte d’être exceptionnelle n’ayant pas de référence ancienne sur ce secteur. Ecully, peut être en raison de sa situation géographique, est la grande exception lyonnaise.

--- L’agglomération stéphanoise et la plaine du Forez tardent à connaître le manque d’eau estival. Il n’apparaît timidement qu’en juin, mais la situation se détériore en août et septembre où le secteur ne connaît pas les fortes pluies rhodaniennes.

--- L’opposition entre la partie septentrionale et la retombée méridionale des monts du Forez est classique. Noirétable, dont le poste est introduit dans l’étude, reçoit des pluies qu’une situation d’abri diminue sensiblement à Bard.

---  il semble que septembre ait maintenu une abondance visible à la fin du mois d’août sur la moitié nord du département de la Loire, autant du côté Beaujolais que Bourbonnais. Hélas le manque de postes pluvio-thermométriques dans le Roannais ne permet pas d’établir cette remarque avec autant de certitude que souhaitable.

Le caractère ponctuel de certains orages d’été, l’accumulation erratique des pluies de début septembre dans le fond de l’axe Rhône-Saône ont contribué à mettre en place une « chienlit » hydrique sur l’ensemble de nos départements !

 

 

 



 

[1] E.T.P. Evapotranspiration potentielle : quantité de vapeur d’eau rejetée dans l’atmosphère par évaporation directe et par transpiration des organes aériens des plantes, dans le cas où les végétaux peuvent puiser sans restrictions dans le sol.

[2] Gérard Staron "Les ressources en eau du bassin de la Loire supérieure"

1980 Planche N°3 avec notice, Atlas permanent de la région stéphanoise, Université de Saint-Etienne.

 

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