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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 20:59

 

    Plusieurs sujets mériteraient chacun une chronique entière cette semaine : la première offensive de l’hiver du dernier week-end, les contrastes de températures de Clermont Ferrand et la pluie méditerranéenne de la mi semaine plus étendue que prévue.

    Le week-end dernier a vu le retour de gelées et de la neige sur le Massif central.

Saugues sur la Margeride, Landos et Le Puy ont connu la gelée la plus sévère dimanche avec respectivement -5,5° -3,8° et -3,4°. Aurillac et Mende l’on subi les deux jours. A basse altitude, le thermomètre a été négatif à Rodez, Brive la gaillarde et Clermont Ferrand le samedi avec –0,2°. Une gelée à cette date dans la capitale de l’Auvergne a moins d’une chance sur 5 de se produire même si le record de précocité du 20 septembre 1962 n’est pas battu…

Les lecteurs de mon blog ont pu voir une photo du Mézenc enneigé prise dimanche au soleil levant. J’avais déjà repéré le manteau blanc la veille au dessus de 1500 mètres. Le même cliché aurait pu être pris pour Pierre sur haute sur le Haut Forez. Pour l’ancienne ferme du Mézenc aujourd’hui détruite à 1535 m d’altitude, j’avais calculé dans ma thèse  « l’hiver dans le Massif central » les probabilités d’occurrence de la première chute de neige, soit le 3 octobre, une année sur 4. Attention, ces statistiques anciennes traitent de l’arrivée des premiers flocons, non du manteau au sol, habituellement plus tardif, comme il a pu le faire deux jours les 4 et 5 octobre, cette année !

D’autres massifs montagneux de moyenne altitude on connu leur première neige. Sur le Jura La station de la Chaux de Fonds en Suisse a été recouverte de 5 puis 2 cm au sol, les deux mêmes journées consécutives  à seulement 1000 mètres d’altitude. Je n’ai pas trouvé d’équivalent plus précoce dans les 21 années précédentes dont je possède les observations quotidiennes.

Sur les Alpes le manteau s’est installé à plus de 2000 mètres d’altitude. A Santis en Suisse, à l’exception de la journée du 18 septembre, la neige au sol existe depuis le 13 septembre et en continu depuis le 19, soit 22 jours et un total de 27. Seules deux années depuis 1987 ont fait mieux pour l’enneigement continu à cette date soit 1996 et 1998 . Quatre pour le total de la durée d’enneigement en ajoutant 2001 et 1995 où l’épaisseur avait dépassé respectivement  1,10 m et 1,15 m après de grosses chutes.

Déjà le manteau de l’hiver précédent avait été très résistant cet été puisqu’il avait atteint le 1er jour d’août, 2008 est aussi parmi les années les plus précoces pour sa réinstallation durable. Le nombre de jours découverts entre la fin de l’enneigement de la saison précédente et la première séquence au sol suivante de plus de 6 jours, se limite cette année à 43 jours à Santis. Il faut remonter à 2000 pour trouver une durée plus courte dans des conditions de petites séquences séparées en septembre et octobre. Sinon, antérieurement à 1995, on trouve régulièrement des saisons estivales déneigées aussi courtes à Santis dans les Alpes Suisses.  

Voilà qui confirme au niveau de la neige, les données thermiques dont je faisais état dans ma précédente chronique. L’arrêt du réchauffement climatique semble une réalité de plus en plus tangible. On retrouve en 2008 dans les Alpes des conditions que l’on ne connaissait plus depuis de nombreuses années !

Deuxième événement de la semaine. Après avoir été la capitale régionale la plus froide de France le 4 octobre avec la gelée déjà mentionnée, Clermont Ferrand a été avec sa voisine Vichy, la station la plus chaude le mardi 7 octobre. Voilà une climatologie surprenante mais pas si rare. Le thermomètre a atteint respectivement 26,2° et 26,3°. Ce jour là les températures ne dépassent 25° que dans quelques postes du bassin Aquitain ou de la Catalogne espagnole. Si les Limagnes sont les plus chaudes, les bassins de la Loire supérieure sont aussi bien placés. Bouthéon a eu un maximum de 22,7° plus élevé que Lyon 22,5°.

Troisième événement de la semaine, la grosse pluie méditerranéenne qui a traversé la France du sud en diagonale le 8 octobre de la région de Toulon qui a reçu plus de 100 mm d’eau à celle de Saint Etienne avec un peu moins de la moitié. Cette zone pluvieuse traverse en diagonale l’axe de la vallée du Rhône au niveau de Montelimar  et s’étire des chaînons des Alpes provençales au Massif du Pilat. La largeur de la ligne pluvieuse intense est réduite. Lyon reçoit trois fois moins de pluie que Saint Etienne , de même pour Roussillon par rapport à Montélimar ou  Montregard (43) où le pluviomètre a débordé. Toulon cumule 10 fois plus de précipitations que Marseille à l’ouest et Nice à l’est. Voila une étroite transversale géographique originale. Les grosses pluies méditerranéennes de cette année sont à la fois modestes par la quantité globale des précipitations et originales par leur localisation : celle de début septembre s’était enfermée dans le fond de la vallée du Rhône, la dernière la recoupe transversalement sans tenir compte des lignes du relief !

Qu’est-ce qui explique cette succession climatique détonante !

Ce début d’octobre se fait sous le signe de l’inversion des flux atmosphériques.

Vendredi 3 octobre, une descente froide perturbée descend selon une trajectoire de plein nord en provenance des régions arctiques. Elle apporte de la neige sur les hauteurs de nos montagnes à des altitudes assez basses avec un étalonnement classique de l’altitude : 1000 m sur le Jura et les Alpes du nord, 1500 m sur le Massif central.

En arrière de la perturbation, l’air froid qui descend du nord occupe le terrain. Les gelées se multiplient surtout lors de la première nuit où le ciel se dégage et permet une forte déperdition de chaleur par rayonnement. Ceci commence le samedi, mais s’amplifie le dimanche car l’anticyclone atlantique qui pousse à partir de l’ouest dégage le ciel pendant la nuit. Le Massif central est en première ligne car c’est le premier relief à connaître cette progression du ciel dégagé.

Cet anticyclone à l’origine atlantique repart par l’est aussi vite qu’il est arrivé par l’ouest. Il s’installe le 7 de l’Italie à l’Europe orientale. Les flux s’inversent car l’air tourne selon les aiguilles d’une montre autour des hautes pressions. Sur le Massif central, le courant de sud remplace celui de nord, l’origine de l’air est totalement différente, il remonte des zones chaudes au lieu de descendre de l’arctique. Plusieurs facteurs viennent accroître ce coup de chaud sur les Limagnes : la prochaine perturbation qui suit accélère le flux, ce dernier est canalisé par l’axe méridien des Limagnes et enfin l’air sec qui redescend des hauteurs du Massif central se réchauffe très vite au rythme de 1° par 100 mètres sous un soleil abondant.

Enfin quand la perturbation arrive, sa latitude plus méridionale lui a permis de se charger en humidité sur la Méditerranée. Sa progression vers l’est est stoppée par l’anticyclone resté derrière les Alpes. Ce blocage augmente les pluies sur une ligne atypique de Toulon au Pilat.

Excusez cette étude trop sommaire, il est des semaines où il faudrait 3 chroniques pour couvrir l’actualité, mais vous pouvez compléter votre information sur le blog qui ajoute quelques illustrations


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain à 13 h 15 sur les ondes de Radio Espérance,  le texte de cette chronique étant repris sur les portails internet zoom 42 et zoom 43.fr et ce blog.

  

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