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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 20:33

 

    Rafraîchissement depuis mai 2007 !

    Le mois de septembre a connu deux visages, celui de la chaleur arrosée du 1er au 11, celui de la fraîcheur sèche ensuite. Ce dernier aspect l’a emporté dans les statistiques si j’en crois mes observations avec des températures et des précipitations un peu en dessous des normales sur la région stéphanoise.

A Saint-Etienne, avec une moyenne approchée de 14,3°, il s’agit du mois de septembre le plus froid depuis le début de mes mesures. La moyenne provisoire de 2008 pour les 9 premiers mois de l’année se situe 0,6° en dessous de celle de l’année précédente.

   A Montregard, Haute Loire, septembre 2008 est aussi frais que 2007 avec une moyenne de 11,9°. La moyenne provisoire des 3 premiers trimestres est inférieure de 0,7° à celle de 2007, déjà plus faible que 2006 un peu partout en France.

Ceci m’a incité à rechercher depuis quand ces températures baissent ? Jusqu’où faut-il remonter dans le temps pour trouver des températures aussi basses ? Pour ces calculs, j’ai utilisé une moyenne coulissante sur 12 mois consécutifs, ce qui permet de faire disparaître la variable saisonnière, chacun des 12 mois de l’année, chaque saison est présente dans chaque moyenne coulissante. Seul change le mois de début et de fin.

   J’ai pratiqué d’abord ce calcul sur la station de Saint-Etienne-Bouthéon. La température moyenne sur 12 mois est inférieure à 11,2° depuis la série mai 2007/ avril 2008. Les séries ultérieures jusqu’en septembre persistent ! Une telle continuité de moyennes aussi basses  ne s’est pas produite depuis 11 ans : soit pour une moyenne Août 96 - juillet 97.


Depuis un maximum de 13,4° survenu sur la période mai 2006/ avril 2007, les moyennes coulissantes sont en régulière baisse jusqu’à maintenant où elles se stabilisent au niveau de 11,1°

Auparavant les températures sur 12 mois avaient été en hausse depuis le premier semestre 2006, plus précisément la série février 2005 janvier2006.

Sur les années 2004 et 2005 la moyenne coulissante reste assez basse entre 11,2 et 11,6°

Des années 2000 à 2003, ces moyennes sur 12 mois connaissent d’autres maximums :

---12,9° sur la série août 2002 septembre 2003, canicule incluse

---13,6° sur les séries septembre 2000 août 2001 et février 2000-janvier 2001 soit le record, le summum du réchauffement

   Sur la fin du 20ème siècle les températures moyennes montent sur les années 1998, 1999 et il faut remonter à la série à cheval sur 96 et 97 pour trouver des températures durablement inférieures au seuil bas atteint en 2008.

L’ajustement ne peut s’effectuer que sur une fonction polynomiale et montre une gigantesque cloche, croissante de 1996 à 2003 puis décroissante ensuite.

Cette analyse statistique montre à l’évidence que la phase maximale du réchauffement qui s’est produite dans les premières années du siècle est maintenant terminée et que nous sommes dans une tendance baissière durable qui se confirme de mois en mois depuis mai 2007, soit les Saints de glace qui avaient marqués une nette césure !

Cette évolution se confirme-t-elle ailleurs. J’ai effectué les mêmes calculs pour les stations de Lille, Laval et Nice représentatives de climats et de régions différentes. Ceux qui me connaissent personnellement devineront la raison de ces choix !

Partout, l’évolution récente est semblable :

--- La pointe principale des températures correspond à la série  mai 2006/ avril 2007 à Laval et Nice ou mai 2006 /juin 2007 pour Lille. C’est l’apogée du réchauffement commencé dans les années quatre-vingt pour toutes ces stations.

--- Les températures baissent fortement partout depuis le second semestre 2007 jusqu’à l’été 2008 : 2° à Laval, 2,2° à Lille, 2,3° à Saint-Etienne-Bouthéon, mais seulement 1,4° à Nice. La baisse nette et continue des températures  depuis le printemps 2007 est un phénomène général. Cette évolution correspond à un arrêt actuel du réchauffement. Le fait, suffisamment important et durable, ne saurait être mis sur le compte d’une variation erratique et devrait faire réfléchir ceux qui annoncent une accentuation du réchauffement. Ce n’est pas une prévision, ni une simulation des modèles mathématiques, mais un fait tangible et vérifiable.

Par contre avant 2005, des divergences apparaissent entre ces stations :

--- Le niveau bas atteint en 2008 n’est pas ailleurs un record absolu sur plus de 10 ans comme à Bouthéon. Des valeurs un peu plus basses existent pour des séries de 12 mois plus proches : septembre 2003 / août 2004 à Lille, de mars 2004 / février 2005 à Laval, l’année civile 2005 à Nice.

--- Par ailleurs, les moyennes coulissantes mai 2006 / avril 2007 ou juin 2006 / mai 2007 constituent bien la période de 12 mois la plus chaude à Lille, Laval ou Nice. Ces stations n’ont pas comme à Bouthéon de pointes antérieures plus élevées en 2003 ou 2001. Ceci semble signifier que ces postes ont connu le maximum de la vague de réchauffement plus tard que la région stéphanoise.

Voici la question soutendue par cette réalité : le réchauffement de la planète est-il terminé ? Mon diagnostic présenté lors de la chronique 675, à laquelle je vous renvoie sur mon blog pour plus de détails, se confirme mois après mois.

Prenons du recul. Au XXème siècle les températures ont connu 3 périodes différentes :

---De 1930 à 1950 environ,  un premier réchauffement net

---De 1950 à 1975, un léger refroidissement

---Depuis 1975, le très fort réchauffement à l’origine de la théorie actuelle.

La durée de ces périodes d’évolutions contradictoires atteint 20 à 30 ans environ. La dernière a même fait quelques prolongations jusqu’en avril 2007 ! Selon cette alternance, il serait  logique que l’on entre dans une période de 20 à 30 ans environ, de pause dans le réchauffement, de rafraîchissement ou de refroidissement selon l’importance à déterminer du phénomène.

Une analyse plus poussée ne peut que confirmer. Croire que la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre serait le seul élément capable de faire varier notablement les températures est bien naïf. De plus, les 3 périodes détectées au XXème siècle ne correspondent pas à l’importance des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En effet, les trente glorieuses de 1950 à 1974, où les besoins d’énergie doublaient tous les 10 ans, ont été celles du refroidissement, ce qui est contradictoire.

D’autres mettent en cause les cycles solaires à deux échelles, de l’ordre de 11 mois et surtout de 70 ans environ. Ils se callent assez bien sur ces 3 périodes du 20ème siècles. Les taches solaires ayant été très importantes de 1950 à 1974 en liaison avec le refroidissement et plus faibles lors des réchauffements !

Entre l’explication officielle par l’effet de serre et l’autre liée aux cycles solaires, on va savoir très vite laquelle des deux a le plus d’impact sur les températures.

Pendant la période de réchauffement de 1975 à 2007, les deux facteurs se sont cumulés pour produire le réchauffement, ce qui explique peut-être son intensité. Dans les années prochaines, ils se contredisent et on va connaître lequel des deux a le plus d’impact sur le climat. Le ciel pourrait bien concocter un verdict dérangeant ! Feuilleton à suivre !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio
 Espérance, texte repris sur zoom42 et zoom43.fr et ce blog.
Bonne semaine à tous.

G.Staron    http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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