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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 09:54


       Chronique climatologique N°188, le 22/07/1998 avec Gérard et Marie-Gabrielle 

                                                                    texte d'origine


   Cette semaine a été marquée par le raz-de-marée de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui a ravagée 7 villages côtiers avec un bilan mortel qui ne fait qu’enfler avec un minimum de 3000 victimes. De quoi s’agit-il?


C’est un tsunami, le mot est d’origine japonaise et signifie « grande vague dans le port », il sert à désigner un raz de marée généré par la déformation du fond de l’océan. Ce peut être un séisme, comme dans le cas de la Nouvelle Guinée avec une amplitude de 7 sur l’échelle de Richter, mais aussi une éruption volcanique sous-marine, ou un glissement de terrain, comme par exemple celui qui s’était produit dans le delta du Var, il y a quelques années et avait généré une vague dévastatrice à Antibes à l’autre bout de la baie des Anges. Sans comparaison d’amplitude avec ce qui s’est produit cette semaine. Les Tsunamis les plus importants sont ceux qui sont provoqués par des séismes au point qu’ils peuvent traverser les océans.


Comment se produisent ces tsunamis?


Quand un séisme se produit en mer, la couche d’eau située au dessus subit un déplacement vertical de même ampleur que celui des plaques tectoniques en mouvement, ce qui provoque des vagues de très grande longueur d’onde, très largement supérieure à la profondeur de l’océan,. Leur vitesse de propagation est fonction uniquement de la profondeur de l’océan, elle est très rapide par très grande profondeur, 800km/h si la profondeur dépasse 5000m, seulement 30km/h si la profondeur n’est que de 10m.

Il résulte de ces particularités physiques un aspect extrêmement trompeur du tsunami .

Il est quasiment indécelable au large car la hauteur de la vague n’atteint que quelques centimètres, la distance entre deux vagues est de plusieurs centaines de kilomètres.

Par contre, quand il aborde les côtes, il peut prendre des proportions tout à fait dangereuses. La profondeur de l’océan diminuant, la partie avant de la vague ralentit fortement sa vitesse de propagation alors que l’arrière continue à avancer plus rapidement , donc la longueur d’onde diminue très fortement près des côtes. Comme l’énergie reste la même, ceci aboutit à une augmentation de l’amplitude des vagues. Ce qu’elles perdent en longueur d’onde, elles le gagnent en hauteur, et c’est ainsi que les vagues peuvent atteindre jusqu’à 10m de haut et provoquer des effets catastrophiques sur les côtes.

Il en résulte deux conséquences très dangereuses pour les populations.

--- D’abord l’importance de la vague dépend de la bathymétrie et de la topographie de la côte. C’est ainsi que les fonds de baie qui présentent une zone de haut fond plus longue avant d’atteindre la côte sont plus sensibles à ce genre de phénomènes. Par exemple, sur les Iles Marquises, lors du passage du tsunami de 1995, dans le fond de la baie de Taahuku, l’amplitude de la vague était de 2,50m , avec une distance d’inondation de 250m, alors qu’a proximité des caps ou secteurs de côtes rectilignes la même vague faisait moins de 1m.

--- Ensuite un tsunami peut faire ses dégâts dans des lieux qui sont très éloignés de son secteur d’origine. Par exemple, le 22 mai 1960, un très fort tremblement de terre se produit au large du Chili. Il est lié à la subduction, soit au glissement de la plaque tectonique de Nazca sous le continent sud américain sur une longueur de 1000km, environ 200km au large du Chili. La plupart des victimes qu’il fait , environ 200, sont comptabilisées au Japon, aux Philippines, à Hawaï, en Polynésie Française et aux Iles Marquises avec une vague comprise entre 5 et 10m. C’est ainsi que 6 heures après le séisme la plus grande partie des côtes pacifiques de l’Amérique latine était atteintes. 12h après, l’impact allait de la Nouvelle-Zélande à la Polynésie Française et à la Californie. 18h après, tout l’Océan pacifique avait été touché, mais de façon inégale, en fonction de la topographie marine des lieux.


Mais alors pourquoi ce tsunami a-t-il tout particulièrement touché cette région de Papouasie-Nouvelle-Guinée?


Selon les informations reçues, des facteurs géographiques aggravants existent. Il semble que la zone touchée est un relief corallien, par nature une zone basse, à quelques mètres d’altitude au plus. La côte est souvent précédée d’une barre corallienne qui a pu constituer le rôle du haut fond augmentant l’amplitude de la vague. Par ailleurs l’Océan pacifique est la zone du globe qui concentre le plus de Tsunamis car il est entouré de zones sismiques très instables de l’écorce terrestre que ce soit du côté Américain ou Asiatique avec de nombreuses régions de subduction au niveau géologique. De ce fait, la fréquence des séismes sous-marins y est largement plus forte qu’ailleurs. Ne pas s’étonner, dans ces conditions, si pour les années quatre-vingt-dix, et sans compter celui de ces derniers jours (1998) en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ils avaient déjà fait plus de 2000 morts. Par exemple 1000 morts en Indonésie à la suite d’un séisme d’une magnitude de 7,5 qui avait provoqué en décembre 1992 une vague déferlante d’un maximum de 25m. On peut aussi citer celui de juillet 1993 en mer du Japon, qui avait provoqué 330 morts avec une vague maximale de 30 mètres. Pour cette même période on peut en signaler au moins 7 qui ont provoqués des vagues supérieures à 3 mètres. La Polynésie française située au centre de l’Océan pacifique semble un endroit très sensible au risque des tsunamis. Dans l’Atlantique qui ne présente pas des zones côtières aussi instables tectoniquement, les tsunamis sont beaucoup plus rares, et le dernier connu est celui qui avait été généré en 1755 au large de Lisbonne et avait provoqué 5000 victimes sur les côtes Portugaises, Espagnoles et Marocaines.

Peut-on prévenir ces tsunamis?

Des formules et des logiciels ont été mis en place pour calculer ces tsunamis. Il dépendent essentiellement de la profondeur de la masse marine selon que cette dernière est inférieure ou supérieure à 5% de la longueur d’onde d’origine, soit du séisme. C’est d’une bonne cartographie des fonds marins que l’on pourra déterminer le risque des différentes régions.

Au plaisir de vous retrouver vendredi prochain sur les ondes de Radio Espérance.


Commentaire actuel :


Une catastrophe vieille de 10 ans ! L’événement, comme son anniversaire en 2008 sont passés inaperçu, à peine quelques lignes dans la presse et secondes à la télévision à l'époque !

Aucune comparaison n’est possible autant pour le nombre de victimes et l’impact médiatique et caritatif , avec celui qui a dévasté quelques années plus tard le lendemain de Noël les côtes de Sumatra et de l’ensemble des pays riverains de l’Océan indien.

En 10 ans le suivi, la prévision des tsunamis et l'annonce aux populations ont fait d'énormes progrès dans le Pacifique, hélas après la catstrophes dans l'Océan Indien.

Gérard Staron

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