Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 19:48

 

   L’actualité est encore débordante avec un fort  impact du climat sur les activités humaines.

Les épreuves cyclistes du moment croulent sous la pluie cette saison[1]. Jeudi 11 septembre, l’étape du Tour d’Espagne qui relie Burgos à Suances reçoit de plein fouet la perturbation pluvieuse sur les montagnes qui dominent la côte Cantabrique, le peloton se casse, ce qui provoque la perte de Valverde distancé dans une descente. Mercredi 17, le mauvais temps affecte le Tour de Pologne et l’étape arrivant à Lublin ne commence pas, neutralisation au départ, et ne se termine pas avec l’arrêt des coureurs à 4 kilomètres de l’arrivée, une première en cas de pluie[2].

Autre épreuve sportive affectée par des trombes d’eau, le grand prix d’Italie à Monza voit la faillite de tous les favoris. La pluie du samedi, 40 mm environ, détermine une grille de qualification totalement atypique et celle du lendemain provoque une course erratique avec un vainqueur tout aussi inconnu et discret que son écurie jusque là.

Dans un domaine plus sérieux, les orages de la nuit du 11 au 12 septembre provoquent des inondations catastrophiques dans la région de Cambrai et la vallée de L’Escaut. Météo France avait mis en vigilance orange les départements du sud, Bouches du Rhône, Gard et Vaucluse, mais pour la deuxième fois avait oublié le nord, « le pays Chti », pour deux des catastrophes naturelles de l’été après la Tornade de Hautmont, dans le même secteur, la deuxième bêtise de Cambrai. Les précipitations sont du même ordre dans les deux cas, un peu supérieures à 40 mm, mais contrairement au célèbre film de ce printemps, les pluies sont plus intenses dans le « sud » que dans le « nord » excusez l’accent devenu médiatique, et ce qui compte en matière d’inondation c’est l’habitude qu’une région a de recevoir un certain total pluviométrique et 40 mm peut être un arrosage dans le « sud » et une inondation dans le « nord ».

Toujours entre le 11 et le 12 septembre, la chute du thermomètre risque d’être l’une des plus dure enregistrée. A Montregard (43),  on passe de 22,9° le 11 à 15h 58 à 7,5° le 12 à 7h 42. Sur la moyenne quotidienne la baisse est de 9,7° en 24 heures. Probablement un record à vérifier, la précédente chute des 16 et 17 septembre 2005 n’avait fait baisser le thermomètre que de 6,7° pour la station la plus affectée de la région.

Le week-end après, cette baisse a continué dans le genre pourri avec des pluies samedi et dimanche, j’ai relevé 8,8 mm à Saint Etienne et 27 mm à Montregard. Par ailleurs la neige revient sur les Alpes au dessus de 2000 m, une couche de 11 cm est déposée à Santis en Suisse.  Pourtant le voyage de sa Sainteté Benoit XVI dans notre pays a bénéficié au même moment de circonstances clémentes alors que le mauvais temps sévissait presque partout.

--- Pour la messe de samedi sur l’esplanade des invalides à Paris, Mgr Lebrun, évêque de Saint Etienne qui effectuait le commentaire sur TF1 a précisé « On peut remercier le ciel d’une certaine manière » et une journaliste a renchéri « un beau ciel bleu ce qui n’était pas donné au départ ». Il suffit d’observer l’image de satellite de 12 heures pour constater la grosse masse nuageuse qui obscurcissait le ciel très près, à l’est de Paris.

 --- Lourdes, où le pape se rend ensuite, a été fortement arrosé dans les jours et les heures précédentes ( 25,4 mm au total). Quelques gouttes se terminent le samedi soir pour son arrivée ( moins de 1mm). Le beau temps se rétablit pour les deux messes en plein air du dimanche et surtout du lundi sous le soleil. Le dimanche matin la pluie est terminée à Lourdes.

Là encore le voyage de Benoit XVI ne fait que poursuivre la tradition des pèlerinages et déplacements de Jean-Paul II en France dont j’ai souvent analysé les situations météorologiques, en particulier sur cette antenne ou dans mes ouvrages[3]. Toutes les cérémonies en plein air, en France, se sont toujours déroulées sous un temps beau ou acceptable, sans précipitation, alors que la pluie n’était pas loin. Là encore une simple observation de ma part basée sur les seuls relevés ou cartes climatiques des jours concernés, a provoqué beaucoup de remarques horrifiées en particulier du CNU, je tiens le texte à votre disposition. Pourtant le fait se vérifie une fois de plus avec le successeur du défunt pape….

En somme un week-end pourri, la pluie froide a perturbé moult activités humaines mais a épargné le voyage du Pape ! Pourquoi un tel cocktail !

On assiste à deux descentes froides du nord-ouest puis du nord-est qui viennent s’entrechoquer sur notre pays !

La première, souvent reproduite ces derniers mois, correspond à une descente perturbée de nord-ouest en liaison avec une dépression centrée sur l’Ecosse. Son air frais, arrivant sur le continent surchauffé, provoque des phénomènes orageux. La perturbation descend jusqu’aux régions cantabriques du nord-ouest de l’Espagne, jeudi, où elle arrose copieusement la Vuelta. Dans la nuit qui suit, elle pénètre sur la France avec deux paroxysmes orageux, l’un au sud prévu et l’autre au nord plus dévastateur près de Cambrai. Dans un cas comme dans l’autre, la progression se heurte à des anticyclones, celui méditerranéen d’altitude au sud, celui de Scandinavie au nord, de petits blocages qui augmentent les précipitations.

 La grosse chute du thermomètre intervient cette même nuit, elle cumule le refroidissement nocturne, celui lié aux orages et le passage dans l’air froid qui suit…

La seconde correspond à la descente de l’anticyclone Scandinave qui effectue sa jonction avec l’anticyclone des Açores initialement sur le sud de l’Atlantique. Sur son flanc est descendu un flux de nord est, le Moscou Paris des grands hivers, qui enfonce un peu plus les températures vers le bas et qui amène toutes les pluies de samedi, et dimanche sur l’est de la France et dans la plaine du Pô pour arroser le grand prix de formule 1de Monza.

Pendant ce temps là, le ciel commence à se dégager à l’ouest de la France qui passe sous l’influence anticyclonique, d’abord sur la région Parisienne pour la messe pontificale de samedi matin, ensuite les scories pluvieuses mettent plus de temps à disparaître sur la bordure nord des Pyrénées où se trouve Lourdes. Les pluies s’évacuent vers l’est au moment de l’arrivée de Benoît XVI. Le temps s’améliore et s’assèche. Les cérémonies peuvent se dérouler sous un ciel qui se dégage au fil des heures le dimanche ou bleu le lundi. Les températures baissent beaucoup moins que dans l’est du pays : 18,3° à Paris le Samedi, 19,4 puis 20,2° à Lourdes le dimanche et le lundi contre moins de 14 parfois à l’est.

Les jours suivants, le beau temps revenu par l’ouest s’étend à notre pays, mais le courant persistant de nord-est entretient des températures très basses qui permettent le retour de petites  gelées, mercredi, dans les zones d’altitudes, sous abri dans les Alpes,  blanches sur le Massif central. Le mauvais temps se décale peu à peu vers l’est de l’Europe. Mercredi il affecte la Pologne et provoque la grogne des coureurs du Tour cycliste de Pologne qui aurait dû arriver à Lublin.

Quelques jours très riches au niveau météorologiques avec un impact très fort sur les activités humaines, des catastrophes naturelles imprévues, des alertes superflues, des sports sensibles cyclisme et formule un affectés, un refroidissement difficile à supporter, un voyage pontifical protégé de toutes ces difficultés.
 

    Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance, texte repris sur zoom42 et zoom43.fr  et ce blog.

 

 http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 



[1] Jean-Paul Bourgier, Gérard Staron  « Un Giro sous l’eau » Coups de pédales n°127 ( revue belge de cyclisme) et chronique climatologie N°681 sur radio Espérance et gesta.over-blog.com

[2] Jean-Paul Bourgier, Gérard Staron « Conditions climatiques et compétitions cyclistes » 2007 L’Harmattan disponibles auprès des auteurs

[3] Gérard Staron  « Le ciel tomberait-il sur nos têtes ? » 2003 ALEAS 15 quai Lassagne 69001 LYON, chap 2, disponible auprès de l'auteur ou de l'éditeur

Partager cet article

Repost0

commentaires

Presentation

  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
  • : Le journal du climat et de la géographie libres. Actualité climatique Climat et société, impact du climat sur les activités humaines . Prévisions sur 4 jours
  • Contact

Rechercher

Articles Récents

Mes ouvrages

                                                                noel boules noel boules 4 gif                                                              noel boules noel boules 4 gif                                                                                                                                                                                                    noel boules noel boules 4 gif

Mon Site

                                                                                                                        Site

Articles sur Le progrès

Phénomènes météo exceptionnels de 1945 à nos jours (2013)

Quel drôle de temps

La Loire p 78, 79

Le Gier p 80

La fureur du Furan p 81

Climat de la Loire: Effet de couloir p 194

Climat de la Haute-Loire:

Le coeur  du Massif Central  p 195