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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 20:11

 

 Les jeux olympiques qui viennent de se terminer à Pékin ont été à de nombreuses reprises perturbés par des conditions atmosphériques difficiles. On peut citer entre autre :

--- la pluie très importante qui a provoqué de multiples chutes lors de la course cycliste féminine  sur route.

--- De nombreuses épreuves ont dû être reportées pour causes de pluies sur des sports très divers

--- La houle, le vent ont provoqué de multiples dessalages sur les plans d’eau où se déroulaient les épreuves maritimes.

--- la pluie est revenue pour plusieurs journées d’athlétisme.

--- Enfin quand le ciel se dégageait, une chaleur lourde a obligé les organisateurs à placer des brumisateurs géants pour rafraîchir les concurrents pour les épreuves longues comme le marathon, la marche ou les courses sur route de cyclisme.

Sur de nombreuses disciplines longues en plein air, les clefs de la réussite pour les athlètes ont certainement été l’adaptation aux conditions climatiques. Ces dernières très différentes de celles que l’on peut rencontrer en France à la même époque ont été un handicap supplémentaire pour nos concitoyens.

Il semble pourtant que les conditions de ce mois d’août aient été tout à fait correctes pour la région. Les normales du mois donnent 29,9° de température maximale moyenne, 20,4° de température minimale moyenne et 170 mm de précipitations pour la ville de Pékin. Ceci correspondrait chez nous à une canicule de 2003 arrosée avec le double de la pluviométrie du mois le plus pluvieux.

Tous les observateurs climatiques mentionnent qu’août n’était pas le mois le plus adapté pour organiser des épreuves sportives, ni pour voyager dans un pays aux conditions climatiques particulièrement contrastées.

On assiste en effet à une inversion complète des paramètres entre l’été et l’hiver. Janvier est particulièrement froid et sec avec des températures moyennes  de -9° pour les minimales et de +2°  pour les maximales et seulement 5 mm de précipitations. A l’opposé Juillet  présente des conditions de chaleur et de pluviométrie pires que celles d’août avec des températures moyennes de 31,3° pour les maximales, de 21,5° pour les minimales et 224 mm de pluviométrie.

Cette inversion totale des conditions climatiques correspond au régime de mousson qui remonte jusqu’à la région de Pékin. En hiver le puissant anticyclone sibérien résultat de l’accumulation du froid sur l’immense continent eurasien se combine avec la dépression des Aléoutiennes pour envoyer un flux de nord particulièrement froid et sec jusqu’à la Chine. Au contraire en été, cet anticyclone s’efface pour laisser la place à une dépression centrée sur l’Empire du Milieu qui accumule l’air chaud léger et instable d’un continent réchauffé. Ces faibles pressions attirent l’air équatorial chaud et humide qui remonte des basses latitudes jusqu’au niveau de la capitale chinoise. Le phénomène est maximal en juillet et en août avec une chaleur lourde arrosée toujours difficile à supporter par les organismes.

Cette humidité chaude remonte guère au delà vers le nord puisque Feingning situé 2 degrés de latitude au-dessus voit les températures et la pluviométrie d’août décrocher nettement par rapport à Pékin. Les maximales moyennes tombent de 29,9° à 26,5°, les minimales descendent de 20,4° à 14,8° et la pluviométrie choit de 170 à 96 mm.  

Août n’était donc pas la saison rêvée pour organiser des jeux olympiques à Pékin. Les deux mois d’été sont aussi ceux des hautes eaux des principaux fleuves avec le risque maximal d’inondation comme ces dernières années.

 Tous les voyagistes recommandent pour les touristes, et on peut penser que pour des athlètes il en est de même, les mois de transition entre ces excès climatiques autant de l’hiver que de l’été. Ils proposent  avril où les températures minimales sortent du négatif de l’hiver et septembre et octobre où la canicule estivale disparaît. Dans les deux cas la pluviométrie est modérée.

En choisissant d’organiser les jeux à Pékin, le C.I.O. a pris non seulement un risque politique très médiatisé, mais aussi un risque climatique qui s’est révélé d’une brûlante actualité au cours de la quinzaine dont nous avons suivi les exploits sportifs.

Le second problème a été celui des conditions agitées de la mer de Chine pour les épreuves maritimes.  Le mois d’août est avec juillet celui où la probabilité de dépressions, tempêtes tropicales ou même typhon a le plus de chance d’atteindre la région.

En effet, avant et après, les conditions de chaleur de l’eau de mer qui demandent au moins 27° ne sont pas suffisantes pour permettre la survie des cyclones jusqu’à des latitudes aussi élevées.

L’exemple de la saison 2006 dans le Pacifique nord-ouest est tout à fait significatif. Le super typhon Saomai est celui qui a le plus touché la Chine a la latitude la plus élevée. Né le 4 aôut au large, il aborde les côtes le 10 et le 11 août. Globalement les cyclones de début de saison en mai ou juin, comme ceux de fin de saison à partir du mois de septembre affectent dans le secteur surtout les Philippines et le Vietnam. Le premier cyclone à s’être approché du secteur, Ewiniar, est le numéro 2 de la saison,. arrivé le 10 juillet.  Le dernier a avoir traîné dans les parages, le 19 septembre, Shanshan, a été le 8ème de la saison sur un total de 15 typhons répertoriés et baptisés.

Ne pas s’étonner qu’à plusieurs reprises des dépressions tropicales de moindre violence aient affecté les épreuves des jeux olympiques qui se déroulaient en mer de Chine. Les phénomènes sont baptisés à partir du niveau de la tempête tropicale qui correspond à une vitesse moyenne du vent sur 10 minutes supérieure à 34 nœuds. Les dépressions tropicales dont la vitesse moyenne dépasse 17 nœuds sur 10 minutes ne reçoivent pas de nom. Il faut considérer que les rafales maximales correspondent à environ 1,5 à 1,7 fois la vitesse moyenne sur 10 minutes soit pour la dépression tropicale entre 50 et 100 km/h. De quoi faire de belles vagues pour perturber les épreuves maritimes des jeux olympiques et renverser les frêles embarcations dans lesquelles elles se déroulent !

Tout ceci peut expliquer que les chinois ont parfois un comportement bizarre vis-à-vis de la météo. Selon le regard de l’Albatros, du numéro 215 de la défunte revue Met Mar «  Sous les empereurs  Han, qui régnèrent plus de 4 siècles sur l’Empire du Milieu, à une époque à cheval  sur la naissance du Christ, Le fils du ciel, administrateur de l’univers terrestre, n’était pas considéré comme un dieu mais seulement comme un intercesseur qui, à ce titre, était tenu pour responsable des calamités naturelles pouvant s’abattre sur le pays… au risque de perdre sa place ! » Sans commentaire !

Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain à 13h 15 sur les ondes de Radio Espérance: www.radio-esperance.com/ le texte de cette chronique étant repris sur les portails Internet zoom42 et zoom43.fr et mon blog : http://gesta.over-blog.com

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