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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 18:33

 

    Comme je vous l’ai présenté à de nombreuses reprises, les problèmes climatiques sont impliqués dans les crises économiques actuelles à des échelles diverses.

    Le seul aspect qui ne présente aucune composante climatique est la crise financière dite des « subprimes » apparue aux Etats-Unis et qui touche par déversement du mauvais papier les banques les unes après les autres. Nous n’en traiterons pas dans cette chronique, mais c’est peut être parce qu’il n’y a pas d’implication d’ordre climatique que les effets sont si longs à disparaître.

Toutes les fois que la Météorologie a eu un impact économique, voici le processus. Des conditions défavorables conduisent à des baisses de production sensibles. Une hausse importante des prix suit. Ces derniers affectent le pouvoir d’achat ou la solvabilité des consommateurs ce qui se traduit par des tensions importantes, sociales ou politiques.

Plusieurs types de produits ont été affectés récemment : d’abord les céréales avec ce qui a été nommé la crise alimentaire mondiale, ensuite les fruits et légumes avec la contradiction si souvent signalé entre leur intégration favorable à la santé dans le régime alimentaire et l’impact défavorable sur le budget de nos concitoyens, enfin d’une façon indirecte la hausse des prix du pétrole qui n’est pas sans aspects climatiques indirects puisque un prix très cher a été souvent présenté comme un moyen de lutte contre le réchauffement climatique.

Que de fois, les médias ont tenté de présenter ces crises comme des phénomènes durables nécessitant des mesures drastiques et des changements de comportements à long terme. A titre d’exemple, selon ces auteurs la hausse des prix des céréales posait le problème de la capacité de l‘agriculture à nourrir la population mondiale et donc de privilégier les cultures vivrières par rapport aux autres, certains demandant l’interdiction pure et simple des cultures de biocarburants ou pour l’élevage.

Or que sont devenus ces problèmes ? Ils se dégonflent, car tous ces éminents esprits ont oublié qu’en cas de mauvaise récolte ou de baisse de la production pour raison climatique, il y a toutes les chances que l’année suivante ne présente pas les mêmes difficultés et qu’elle permette de mettre fin au problème posé. Ceci se produit actuellement.

   Les récoltes des céréales de la saison en cours n’ont pas subi les difficultés et calamités climatiques majeures  du millésime précédent. Les récoltes des principaux producteurs mondiaux sont correctes. Le prix du blé tendre à Rouen qui était monté à 285 euros la tonne à l’automne 2007, est déjà descendu entre 180 et 190 euros. Il n’a pas atteint les cours historiquement bas de 2006 avec 115 euros la tonne, mais est-ce souhaitable ? Comme je vous le signalais  dans les chroniques 673 et 680, il suffisait d’une bonne récolte pour mettre fin à la crise alimentaire et faire baisser les prix.

En effet les prix agricoles sont dépendants  de la Loi de King. Les moindres déséquilibres sur les marchés provoquent des écarts de cours énormes et le problème est d’autant plus sensible en agriculture qu’il est impossible de gérer un nombre très important de producteurs et des récoltes dont on ne sait l’importance potentielle au moment où on les sème en raison de la variabilité climatique.

Le même problème décalé dans le temps a concerné les fruits et légumes. Les gelées de printemps en particulier celles du 23 mars et du 7 avril ont atteint de nombreux arbres fruitiers au moment de leur floraison ou de la formation des fruits ou des semis de légumes. Il en a été ainsi des abricotiers du bas de la vallée du Rhône, puis des cerisiers et péchers, de certains légumes primeurs et même du vignoble du Muscadet dans la région nantaise. Ce problème n’a pas eu de conséquences immédiates puisqu’il fallait laisser le temps de la croissance des végétaux, mais avec un décalage de plusieurs mois, on le retrouve au début de la période de production. A ce moment, les prix sont toujours élevés, mais ces gelées de printemps ont contribué à accentuer le décalage entre l’offre et la demande et à faire monter encore plus les cours.

Deux phénomènes contribuent au cours de l’été à atténuer ces effets. En passant au cœur de la période de production, le marché évolue toujours en augmentant l’offre sans affecter la demande, ceci aboutit souvent à une surproduction qui écroule les cours, cette année ce ne sera pas le cas, mais les prix baissent. Par ailleurs la demande se décale de plus en plus des légumes primeurs à ceux de plein champ et des fruits de début de saison à ceux à floraison tardive comme la pomme et la poire  qui ont  été moins affectés par ces gelées printanières et n’ont pas connu les mêmes problèmes.

Voilà une deuxième crise qui amorce son règlement.

Troisième produit qui a atteint des niveaux de prix exceptionnels et qui baisse actuellement : le pétrole. Le lien avec la climatologie est plus ténu et d’ordre idéologique. Certains milieux ont réussi à faire croire que les réserves prouvées de pétrole, un peu supérieures à 40 ans, correspondaient aux réserves totales de la planète. Ces réserves n’ont jamais été aussi importantes et de nouveaux gisements inconnus se sont toujours ajoutés depuis des décennies. Les mêmes milieux  ont aussi répandu l’idée que des prix du pétrole élevés seraient « bon pour la planète » comme ils disent, en facilitant la baisse de sa consommation et surtout son remplacement par des énergies renouvelables dans le cadre de la lutte contre le supposé réchauffement de notre terre.

Ce discours ne pouvait pas indéfiniment tromper le monde entier. La baisse sensible de l’or noir, ces dernières semaines, descendant de près de 150 euros la tonne à près de 110 euros, s’est produit à un moment où une crise mondiale grave entre la Russie et la Géorgie affecte une région du Caucase productrice ou de transport d’hydrocarbures. Un tel événement aurait dû contribuer à faire repartir les cours à la hausse comme lors des crises internationales antérieures. Le fait qu’il n’en est rien, atteste que cette crise pétrolière était en grande partie idéologique.

Une crise économique à forte composante climatique s’accompagne presque toujours de faibles productions qui provoquent une grosse flambée des cours. Ces conditions durent très rarement, surtout dans nos civilisations actuelles. La retombée des prix est presque aussi brutale que la hausse. En agriculture, il faut attendre la prochaine récolte qui souvent par réaction des producteurs passe de la pénurie à la surproduction avec effondrement des cours.

L’évolution actuelle des cours des céréales, des fruits et légumes, comme du pétrole, montrent qu’il est totalement indécent de construire des discours idéologiques autour de ces crises. Ces derniers ont voulu nous faire croire que des phénomènes ponctuels limités à quelques mois étaient d’ordre structurels, et continueraient de façon latente sur de très nombreuses années dans le but de nous convaincre de changer nos comportements en matière agricole ou énergétique.

La baisse actuelle de tous ces prix est venue mettre au placard, jusqu’à la prochaine fois, ces discours idéologiques qui ressortiront à la prochaine occasion.

Soyez rassurés, l’agriculture est encore à même de nourrir la population mondiale et de consacrer une partie de ses assolements à des cultures pour la nourriture du bétail ou produire des agro carburants, la hausse des fruits et légumes ne dépassera pas une saison, notre monde ne manque pas encore de pétrole.


Désolé de troubler le silence récent des idéologues, je vous donne rendez vous samedi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie sur les ondes de Radio Espérance, samedi 13 h 15, texte repris sur zoom42 et zoom43.Fr et ce blog.

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