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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 18:51


Chronique climatologie N°683 :


    Ces dernières années, au début de l’été, on entendait  un langage alarmiste sur la ressource en eau, qui est curieusement absent en ce moment, même s’il ressortait encore au début du mois de mars.

Il est une méthode qui permet d’évaluer la situation hydrique d’un secteur géographique avec le calcul du bilan de l’eau

J’avais déjà effectué plusieurs publication dans ce domaine dans les années 80 en particulier une carte des ressources en eau du bassin de la Loire supérieure et un article sur le N°3 de l’année 1982 de la Revue de géographie de Lyon intitulé  «Méthodologie pour une meilleure connaissance de la ressource en eau »  http://www.persee.fr/showIssue.do?issueKey=geoca_0035-113X_1982_num_57_3

A la fin de ce mois de juin, je persévère avec deux nouveaux articles :

- Le premier dans le bulletin « Au fil du temps » de juillet 2008  des météorologistes d’entre Rhône et Loire où je présente la situation de la ressource en eau pour les deux départements du Rhône et de la Loire à la fin du mois de mai 2008

- le second dans le prochain numéro du magazine « La Loire et ses terroirs » publié à Combleux, commune du Loiret voisine d’Orléans pour l’ensemble du bassin du fleuve, où j’analyse les variations du principal aquifère français, la nappe de Beauce, depuis le début des mesures en 1974. Un indicateur a été établi à partir des principaux  piézomètres qui donnent l’altitude du sommet de l’aquifère. Pour cette nappe qui constitue la principale ressource en eau du centre du Bassin parisien, j’analyse le rapport qui peut exister entre les variations de l’aquifère et le climat qui règne en surface avec le bilan de l’eau.

Qu’est-ce que le bilan de l’eau ?

Sous nos climats, il existe deux principales périodes dans l’année au niveau de la ressource en eau.

Pendant la saison chaude, l’évaporation est, sauf rares exceptions, plus importante que les précipitations. Il en résulte ce que l’on nomme un déficit pluviométrique. Pour faire face à cette situation, les végétaux doivent puiser dans la réserve en eau du sol. Les débits des rivières diminuent mais ils sont soutenus par les sources en provenance des nappes phréatiques pour que l’écoulement continue. Les nappes souterraines baissent aussi.

Pendant la saison froide, l’évaporation diminue en même temps que les températures, leur principal déterminant. Les précipitations deviennent supérieures, ce qui permet de dégager un excédent pluviométrique. Ce dernier sert d’abord à reconstituer la réserve du sol, puis ensuite le surplus est utilisé à l’écoulement des rivières et, avec un décalage plus ou moins important dans le temps, à remonter le niveau des nappes souterraines.

Il existe des méthodes précises pour estimer cette ressource en eau

-         les précipitations sont mesurées en mm

-         l’évaporation est difficile à connaître directement. On calcule l’E.T.P ou évapotranspiration potentielle avec des formules diverses en fonction de leurs auteurs et des paramètres qui servent à leur calcul : Thornthwaite la plus simple utilisée en hydrologie, Penman, Turc, Brochet et Gerbier plus complexes pour aider les milieux agricoles en matière d’irrigation

-         L’E.T.P fournit une approche incomplète de l’évaporation. Elle correspond au cas où les végétaux peuvent puiser sans restrictions dans le sol, ce qui ne se produit pas en période de déficit pluviométrique de saison chaude. L’évaporation réelle est alors inférieure et se limite à l’eau disponible par les précipitations et la ponction dans la réserve du sol.

-         Ces calculs effectués depuis maintenant plus de 30 ans par les géographes donnent une excellente approche de la situation hydrique des rivières et des nappes phréatiques, fournissent une aide au calcul des tours d’eau pour l’irrigation des agriculteurs et permettent de comprendre et d’évaluer les questions liées à la ressource.

 

Qu’est-ce qui résulte de toutes ces étude, prochainement publiées, pour la situation de la ressource en eau dans notre pays ?

Naturellement je vous renvois aux articles que je viens de citer et bien d’autres, On peut  affirmer que le printemps 2008 a mis fin à une détérioration de la ressource en eau qui avait commencé au moment de la canicule de 2003 dans notre pays.

Après un été 2007 frais et pluvieux où le déficit pluviométrique a été particulièrement modéré par rapport à ses prédécesseurs, la reconstitution de la réserve en eau a été particulièrement précoce. Par exemple à Saint Etienne, dès la fin du mois de septembre 2007, la réserve en eau du sol était revenue à son maximum. Ensuite la recharge des nappes phréatiques et l’écoulement des rivières ont été perturbés par un mois d’octobre très sec et une saison hivernale peu arrosée en particulier le mois de février où les précipitations ont été si basses que certaines stations comme Saint-Etienne-Bouthéon , Lyon-Bron , et quelques postes des monts du Lyonnais ont connu un très faible déficit pluviométrique aussi rare que symbolique en février. Depuis le mois de mars, l’abondance de la pluviométrie, qu’elle soit océanique, puis en avril et mai en liaison avec les orages de sud-ouest ou les pluies méditerranéennes, a largement arrosé notre pays. Les images de satellite que vous pouvez observer sur mon blog montrent une France bien verte. Même l’Espagne qui déclarait tant manquer d’eau, a reverdi !

Au niveau du bilan chiffré on constate que sur l’ensemble du département de la Loire, la période d’excédent pluviométrique s’est poursuivie jusqu’au mois de mai alors que les moyennes que j’avais établis autrefois à partir de la série 1951-1970 montraient que le déficit commençait dans toutes les plaines qui longent la Loire dès ce mois. Par contre les postes de l’agglomération Lyonnaise, moins arrosés par les orages, ont commencé leur déficit de saison chaude en mai 2008

Le cumul des excédents pluviométriques de novembre 2007 à avril ou mai 2008 selon les postes des deux départements de Loire et Rhône montre un valeur globale comparable ou même supérieure à celle qui résultait des calculs effectués autrefois sur la série 1951-1970.

Enfin la nappe de Beauce, dans le bassin Parisien, baissait continûment depuis 2003. Dans la seconde partie de l’année 2007, son niveau était descendu tellement bas qu’il se situait en dessous du second seuil d’alerte à 105,6 m. La diminution s’est poursuivie jusqu’en février 2008, puis le niveau est remonté de plus de 30 cm. Il est repassé au dessus du second niveau d’alerte ce qui constitue la première recharge significative de la nappe depuis 2003. l’analyse du bilan de l’eau à Orléans et Chartres confirme. Pour la première fois depuis 2003, l’excédent pluviométrique de la saison froide 2007-2008 a été supérieur au déficit de la saison chaude précédente en 2007.

Les régions méditerranéennes qui souffraient de sécheresse depuis de longs mois, ont aussi été copieusement arrosées en avril et mai 2008. Comme je vous le signalais récemment, le barrage de Serre-Ponçon principale retenue qui alimente Marseille et la Côte d’Azur par le canal de Provence est plein.

Il n’y a donc pas lieu d’émettre d’alarmes pour la ressource en eau dans notre pays en vue de la prochaine saison chaude.


Gérard Staron  vous donne rendez vous samedi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie, le texte est repris sur zoom42.fr et mon blog : gesta.over-blog.com, vous pourrez aussi nous retrouver pour des Conférences-animations sur le thème « Météo et Vélo » au village d’avant Tour de France de Roanne du 3 au 6 juillet, Place des promenades

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