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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 21:20

 

   Les mois de juin 2007 et 2008 semblent marquer un changement de tendance notoire par rapport à ceux qui se succédaient depuis le début du siècle.

   Déjà l’an dernier, les températures étaient très moyennes et les précipitations largement excédentaires à l’exception de secteurs ponctuels du sud de la France et du Bassin parisien. A Saint-Etienne une moyenne de 18° et 133 mm de total pluviométrique traduisaient une tendance fraîche et humide

Cette année juin 2008 enfonce le clou si l’on croit mes observations de la première moitié du mois :

 - A  Montregard, les températures de la première quinzaine présentent un déficit de 5,6° par rapport à 2006 et de 3,9° par rapport à 2007, les précipitations correspondent déjà au total d’un mois entier.

 - A Saint Etienne, sur les 19 premiers jours du mois, le thermomètre présente 2,7° de baisse par rapport à 2007 et 4,9° par rapport à 2006. La pluviométrie moins remarquable dépasse déjà 58 mm. Dans les deux cas, la seconde partie du mois aura des difficultés à combler un tel retard pour remonter les températures en dépit du retour du soleil de cette fin de semaine.

Quelle différence avec les mois de juin antérieurs :

-         En 2006 juin avait marqué le début d’une canicule sèche qui s’était ensuite étendue à l’ensemble du mois de juillet.

-         En 2005, une vague de chaleur exceptionnelle du 17 au 29 avait débouché sur un point d’orgue le 28, avec la moyenne quotidienne la plus forte pour un mois de juin depuis 1950 en France. Au total le 3ème pour la chaleur du mois entier depuis 1950.

-         En 2004, sans connaître les excès de 2005, les températures étaient entre 1et 3° au dessus des moyennes avec de fortes chaleurs dans le sud de la France accompagnées d’un déficit sensible de pluviométrie.

-         En 2003, juin correspond à la première partie de la célèbre canicule, avec une anomalie positive de 4,7°. Il constitue le record des températures les plus élevées sur notre pays depuis 1950 accompagnées d’une pluviométrie très faible.

-         Juin 2002 et 2001 sans connaître les excès de leurs successeurs, avaient été aussi globalement chauds et secs.

   Ce mois du solstice d’été, particulièrement chaud et sec depuis le début du siècle connaît depuis l’an dernier un retour à la fraîcheur et à l’humidité Pourquoi ?

Juin semble se mouler sur la tendance générale des années où il s’intègre :

Depuis le début du siècle, dans les années chaudes et sèches, le mois de juin accentue cette particularité en 2003 en 2005 et en 2006. Depuis les saints de glace de mai 2007, une rupture est intervenue dans les températures et les précipitations, les mois de juin suivent. En année de réchauffement le mois de juin l’accentue, il fait de même en sens inverse pour le refroidissement.

   Dans le passé, on retrouve à de nombreuses reprises cet aspect de juin qui devient le révélateur de la saison chaude dans laquelle il s’insère.

   Les grands été pourris commencent souvent leurs exploits en juin

En 1977, le plus pourri, A l’exception de la Normandie et de la Côte d’Azur, les précipitations avaient été supérieures à 1 fois et demi le total normal sur l’ensemble de la France et les températures moyennes étaient entre 1 et 3° en dessous des normales.

En 1963, aussi célèbre dans la pourriture, le mois avait été si arrosé que de petites crues avaient affectés de nombreux cours d’eau. A Bouthéon avec 153 mm, juin prépare un mois de juillet avec 165,9mm et août avec 163,9 mm.

En 1965, où l’été avait été si médiocre que le millésime viticole a été exécrable et coté zéro, le mois de juin présente des températures moyennes en dessous des normales sur l’ensemble du pays.

Le mois de juin participe aussi aux plus grandes sécheresses et canicules et son rôle est d’autant plus fort au niveau agricole qu’il est celui du début  des récoltes.

Nous avons déjà analysé les cas de 2003 et 2005.

Juin 1976 est le point d’orgue de la célèbre sécheresse  avec des précipitations nulles sur une grande partie du pays alors que le thermomètre donne le second mois le plus chaud depuis 1950 avec un excédent de 3°.

Ce premier mois de l’été selon le calendrier météorologique est un excellent révélateur de tendance de l’ensemble dans lequel il est inséré. Il marque souvent un paroxysme d’événements antérieurs ou un annonciateurs des mois ultérieurs.  Ces dernières années ne semblent pas déroger à cette particularité. Les années très chaudes du début du siècle ont connu une série de mois de juin exceptionnels. Le changement de tendance depuis les saints de glace de mai 2007 a ramené des mois de juin frais et humides que nous ne connaissions plus depuis longtemps. Ceci semble suggérer que la notion de réchauffement est derrière nous et non pas devant, mais aussi que cette nouvelle tendance depuis mai 2007 pourrait continuer et ne pas réjouir les milieux qui ont besoin de chaleur estivale pour développer leurs activités.

Le mois de juin a un rôle particulier dans la région stéphanoise car sur certaines séries en particulier 1951-70 et 1951-80, il correspond au maximum pluviométrique. Le Forez est l’une des rares régions à présenter ce caractère, plus nombreuses sont celles posséder un maximum en mai ou juillet et autres mois. Ce maximum est très variable selon les séries, il disparaît des tablettes récemment.

 Un calendrier de probabilité des précipitations mensuelles, que j’avais effectué dans le passé, montrait autant à Bouthéon que Saint Etienne ville que le mois de juin pouvait connaître de véritables abats exceptionnels comme de très fortes sécheresses. Avec des extrêmes de 9 mm en 1976 et de 187,6 en 1957, respectivement le mois le plus sec du semestre chaud depuis 1945 soit sur 384 valeurs et le 3ème mois le plus arrosé pour l’année entière soit sur 768 valeurs,  il effectue régulièrement le grand écart.

Les différences sont moins nettes pour les températures entre le 14° bien frais de 1956 et le 20,1° très chaud de 2005. Il est possible de trouver des écarts thermiques plus importants pour d’autres mois de l’année, mais il se confirme que juin semble un annonciateur de la tendance de l’été :

-         Quand la température du mois de juillet dépasse 21°  2 fois sur 3 juin dépasse 18°

-         Quand la température de juin est inférieure à 15°, celle de juillet se situe toujours en dessous de 19°

Toutes ces remarques doivent être reliées aux types de temps de juin et à une autre constatations : chaque fois fraîcheur et humidité vont de pair comme chaleur et sécheresse.

L’atmosphère présente deux cas généraux pendant ce mois.

-         Soit elle subit la remontée des anticyclones subtropicaux qui poursuivent leur route sur l’Europe au delà du bassin méditerranéen leur siège estival. Le mois de juin est alors chaud et sec. La ténacité de ces hautes pressions ne limite pas leur influence au seul mois de juin et déborde sur une grande partie de la saison chaude.

-         Soit des temps pluvio-orageux de sud-ouest se mettent en place à la fin du printemps, ils humidifient le sol. La pompe à orages se met en place avec l’évaporation , la convection, la formation de nouvelles précipitations souvent quotidiennes . Si un zeste d’arrivée d’air froid en altitude vient activer l’ensemble, juin devient frais et humide et ce mécanisme se poursuit ensuite car cette humidité persiste.

Est-ce pour cette raison que Saint Médard au début de juin a fait sa réputation climatique, s’il pleut pour la Saint Médard, il pleut pendant 4O jours ou 40 jours plus tard.


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de radio Espérance à 13h 15, texte repris sur Zoom 42.fr et ce blog .

http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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