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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 22:40

 Texte d’origine du 7/07/95

 

   La fin de la semaine dernière a vu le retour des orages. A l’heure de ma chronique du vendredi 30 juin, des auditeurs signalaient que des émetteurs, en particulier celui d’Annonay, avaient été touchés par des orages et ça et là des médias ont signalé des orages qui vendredi, samedi ou dimanche ont balayé le pays d’ouest en est.

   Le terme orage est tout à fait équivoque météorologiquement. Il signifie simplement que le tonnerre où l’éclair ont été entendus ou vus. Les phénomènes électriques peuvent accompagner de nombreux types de temps et de précipitations, parfois même des chutes de neige, pas seulement ceux que l’on nomme les orages d’été.

    Ces derniers correspondent à ce que l’on appelle des pluies de convection. Avec l’extrême chaleur qui régnait à la fin de la semaine dernière et des températures qui ont dépassé 30°, l’air chaud s’accumule au sol au fur et à mesure du développement de la journée. Cet air chaud est par nature peu dense et instable. Il  ne demande qu’à s’élever. Si les conditions météorologiques permettent de poursuivre le courant ascendant, le point de condensation est atteint. A ce  moment, des nuages apparaissent. Leur forme est bourgeonnante, ce sont des cumulus qui, en grossissant, de blanc deviennent gris. Quand le développement de l’air chaud ascendant est suffisant, l’orage peut alors se déclencher sous les cumulonimbus. C’est pour cette raison que très souvent le matin on a un temps ensoleillé. Peu à peu, à partir de la mi-journée, le ciel se couvre. Dans l’après-midi ou en soirée, se trouvent les heures les plus favorables aux orages violents. Quand la nuit arrive la masse orageuse n’est plus alimentée en air chaud et progressivement elle perd de son importance et meurt. Comme le phénomène se déplace, il existe des régions où naissent les orages dans l’après-midi, et d’autres qui reçoivent dans la nuit ceux qui sont nés ailleurs.

   Nous sommes à des latitudes où l’échauffement est rarement suffisant pour provoquer à lui seul des orages. Contrairement aux régions tropicales, il faut donc un petit coup de pouce des conditions atmosphériques pour qu’ils se déclenchent.

   C’est ce qui s’est produit le week-end dernier lorsque l’anticyclone qui nous protégeait s’est retiré sur les Açores. Il a laissé jeudi et vendredi ce que l’on appelle un temps de marais barométrique avec des pressions très proches de la moyenne de 1015 hpa. Ces conditions permettent à la fois le ciel dégagé du matin favorable à l’ensoleillement et ne s’opposent au développement orageux. Cette situation, les 29 et 30 juin, a provoqué des orages isolés. Le samedi et le dimanche, 1er et 2 juillet, les orages se sont généralisés en raison de l’arrivée d’une perturbation de nord qui descendait de la Scandinavie et qui se trouvait vendredi de la mer du Nord à la Baltique. Cet air froid arrivant sur une surface surchauffée a accentué la convection,  et ensuite a provoqué la chute brutale de la température que vous avez constatée lundi avec les averses froides. On a eu jeudi et vendredi des orages locaux par temps de marais barométrique, suivis samedi et dimanche du passage d’un front pluvio-orageux. Ces orages se déplacent toujours selon des trajectoires de sud-ouest en suivant un itinéraire. Ils abordent la France des Pyrénées au Bassin Aquitain, remontent ensuite sur le Massif Central  et enfin continuent sur les Alpes du nord où le nord est du pays. C’est très net sur les images de satellite du 29 juin. Vers 14 heures on observe une masse nuageuse qui recouvre le sud du Massif Central de l’Aubrac jusqu’au Mézenc. Vers 22 h 30, cette masse se retrouve sur les Alpes du nord. A une échelle plus grande, ces trajectoires de sud-ouest touchent plus particulièrement certains secteurs. J'ai observé  plusieurs lignes parallèles : celle qui suit la bordure nord-ouest du Limousin, celle qui remonte les Limagnes au centre du Massif Central. Plus à l’est, vers la région stéphanoise, une de ces glissières part des monts du Velay, suit le plateau de Craponne et se retrouve dans la plaine du Forez et les monts du Lyonnais. Une autre à partir de l’Yssingelais longe le versant nord des monts du Pilat et enfin affecte Lyon. Enfin plus au sud à partir du Mézenc une autre ligne d’orage concerne l’Ardèche du nord puis longe ensuite le rebord des Alpes du nord. Toutefois un orage, avec la foudre ou la grêle qui l' accompagne, est un phénomène trompeur qui peut frapper là où on l' attend le moins. Les précipitations peuvent être très variables sur quelques kilomètres (plus de 100 mm en juillet 1987 à Yssingeaux, contre seulement 9 mm un peu plus loin à Tence, Monistrol ou  Tiranges). Quand le ciel s’assombrit en été, regardez en direction du sud-ouest, si la masse nuageuse grondante est de ce côté-là, vous n’échapperez probablement pas à l’orage et à son cortège de pluies ou de grêle, d’éclairs et de tonnerres.

 

   Je vous retrouverai avec plaisir vendredi prochain pour notre fête nationale en espérant que les seuls tonnerres seront ceux des feux d’artifices.

 

Commentaires actuels :

   Depuis le dimanche de Pentecôte, nous connaissons un temps semblable avec des orages quotidiens qui se répartissent au long des trajectoires répétitives décrites ci-dessus. 

   Jusqu’à mardi, ils sont localisés et peu intenses car la convection n’a pas reçu le renfort d’une perturbation organisée, ce qui pourrait évoluer rapidement.

Rien n’a vraiment changé depuis l’été 1995….

 

  Gérard Staron    http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 

 

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