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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 11:34

Chronique Climatologique N° 81 : Le 17 mai 1996 « Les Saints de Glace » texte d’origine

 

Vous avez entendu abondamment parler de cette période froide de la fin de la semaine dernière et du début de celle-ci (en 1996) qui en partie correspond à ce que certains appellent « les Saints de Glace », St Mamer, St Pancrace et St Servais » que l’on trouve habituellement les 11, 12 et 13 mai.

 Dès le 9 mai, les cartes météorologiques montrent que sur le flanc est de l’anticyclone des Açores, remonté sur l’Atlantique et les Iles Britanniques,  il y a une descente d’air froid dépressionnaire en provenance de la Scandinavie. Un flux de Nord-est, que l’on distingue sur les cartes météorologiques autant au sol qu’en altitude pour la surface des 500 hpa, accompagne nettement une langue glaciale qui descend de la Scandinavie jusqu’aux confins du Golfe de Gênes en Méditerranée. Comme l’a abondamment annoncé Météo France, les températures ont été très basses dans la moitié nord de la France.

Pour la région couverte par Radio Espérance, les températures médiocres n’ont pas été le fait le plus significatif. On ne signale des températures minimales inférieures à 5° que pour Autun le 10 et le 11, que pour Limoges le 12 et Embrun le 13 et le 14. Sur l’ensemble du Centre-Est, elles ont été de l’ordre de 6 à 8°. Chambéry n’est par contre presque jamais descendu en dessous de 10° sauf le 9 et le 11 avec 9,7 et 9,9. C’est certes très frais pour cette période de l’année mais n’a rien d’exceptionnel à un moment où des gelées sont encore possibles. La déficience du thermomètre a par contre été nettement plus flagrante pour les températures maximales qui n’ont pas atteint très souvent le seuil de 10° avec 8,9° le 10 à Saint-Etienne, 9,2° à Autun le 13, 9,5° à Clermont Ferrand le 9 et même à deux occasions le 9 et le 13 : 9,9° à Limoges. Seules les Alpes ont gardé à cette occasion un thermomètre plus clément puisque les maximales observées ne sont pas descendues en dessous de 12,4° à Chambéry et de 14,5° à Embrun.

 Ce facteur thermique semble dans la région avoir été secondaire par rapport à l’absence quasi-totale d’ensoleillement. A un moment  de l’année où les jours sont longs, l’insolation a été nulle 6 jours consécutifs à Clermont Ferrand soit du 9 au 14 mai. Il en est presque de même à Saint-Etienne puisque pour l’ensemble de cette période il n’y a eu que 0,6 heures d’insolation et 5 jours d’ensoleillement nul. La zone, privée de soleil pendant quasiment 5 jours, comprend un secteur qui va de Guéret à l’ouest (Limoges n’a pas eu de jours d’insolation nulle) à Chambéry à l’est qui n’a eu qu’une heure de soleil du 9 au 14.  Au nord la Saône et Loire est touchée avec Saint Yan mais le phénomène a surtout affecté les dépressions de la Loire et de l’Allier à l’est du Massif Central.

Les cartes météorologiques montrent que la descente d’air froid anticyclonique d’origine scandinave a été stoppée dans la région. Sur la carte du 9, on distingue nettement un front froid plus ou moins stationnaire qui s’étire grossièrement de Bordeaux à Genève et qui marque la limite entre l’air froid et l’air plus doux lié à la Méditerranée. Cette limite correspond à une zone de nuages plus ou moins accompagnée de petites pluies. Cette situation a perduré jusqu’au 13 mai, le front ondulant sur la région en se déplaçant vers l’est. Dans ces cas là, comme d’habitude, les nuages restent accrochés sur une diagonale de l’est du Massif Central  aux Alpes du nord, alors qu’au-delà de la ligne de crête le ciel est totalement dégagé vers le sud comme le montre l’image de satellite du 13 mai vers 13 heures. On distingue nettement la limite de la zone encapuchonnée qui des Cévennes se prolonge jusqu’au Pilat et se retrouve entre le Vercors et le Diois en dégageant tout le bassin de la Durance. Ceci explique qu’Embrun, dans les Alpes du Sud, mais aussi la Vallée du Rhône aient échappé à cette grisaille persistante. Avec l’ensoleillement les températures y ont été plus fortes. Par contre, la conséquence engendrée donne un Mistral typique qui a soufflé à au moins 30 nœuds à Marseille le 13.

Cette situation où une descente d’air froid s’arrête du Massif Central aux Alpes du nord est courante. Dans ces cas, les dépressions de la Loire et de l’Allier servent de pièges pour les nuages septentrionaux qui viennent s’agglutiner sur les versants face au nord. La redescente de l’air sur le versant méditerranéen provoque le dégagement du ciel, la hausse du thermomètre mais aussi l’accélération du vent. Ce qui a donné un peu de relief à l’évènement, (en 1996) c’est à la fois sa persistance dans le temps et la période de l’année où il s’est produit. Les hasards du Calendrier ont associé cette année cette descente d’air froid aux Saints de Glace. Il convient d’être prudent avant d’en déduire une généralisation hâtive. D’ailleurs, cette période a provoqué sur la France trois temps différents. Dans le nord de la France, un temps froid et dégagé avec des températures minimales très basses qui correspond bien au temps de gelées que l’on décrit pour les Saints de Glace. Chez nous ces températures fraiches  associées à un ciel couvert et pluvieux sont de tout autre nature. Le midi a subi encore une autre variante. Les météorologistes officiels sont toujours très circonspects avec les problèmes de dictons et de calendriers. La vérification dans les faits est aléatoire même s’il serait intéressant d’analyser plus scientifiquement la fréquence des températures ou des descentes d’air froid au moment des Saints de Glace. Je vous retrouverais vendredi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie.

 

Commentaire actuel :

Les Saints de Glace ont frappé en 1996, vont-ils récidiver en 2008 ?

Sous quelles formes ? L’exemple de 1996 montre qu’ils peuvent sévir autrement que par des gelées matinales redoutées des jardiniers.

En 2007, le passage de la grande douceur du début de l’année à la fraicheur qui a suivi  pendant le reste de l’année s’est produit à cette occasion.

En 2008, les modèles mathématiques laissent supposer qu’il y aura une baisse des températures avec des précipitations orageuses, après les jours de beau temps  qui ont accompagné le début de mai et permis l’éclosion de cet iris bicolore particulier dans mon jardin…

A confirmer et surtout à analyser…..


Gérard Staron     http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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