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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 17:31

 

Quel contraste entre avril 2007 et avril 2008 !

L’analyse de mes seuls postes suffit à le mettre en évidence….

-         Pour les précipitations, avec plus de 90 mm avril 2008 triple largement les 28,7 mm de 2007 à Saint-Etienne

-         Pour les températures, la chute est sévère :

-         A Saint-Etienne la moyenne tombe de 14,5° en 2007 à 9,9° soit 4,6° de chute

-         A Montregard (Haute Loire) elle dégringole de 11,7° à 6,4° soit 5,3° de chute

Ces deux mois d’avril ne sont pas isolés, ils sont inscrits dans de longues périodes  de tendance semblables.

Avril 2007, le plus chaud depuis 1950 selon Météo France, clôture une année d’anomalies thermiques très positives. Souvenez vous. En Juin et juillet 2006 une canicule se place dans certaines régions en seconde position après celle de 2003. Après l’intermède frais d’Août, il faut remonter à 1949 pour trouver un automne qui rivalise en douceur avec 2006. L’hiver 2006-2007 est particulièrement doux. Après mars 2007 quelconque, Avril 2007 termine la tendance avec 4,3° au dessus de la normale en France, la 4ème anomalie thermique connue depuis 1950, tous mois confondus.

Depuis les Saints de glace de la mi-mai 2007, la tendance a totalement changé jusqu’à aujourd’hui. Après un mois de juin quelconque, Certaines stations connaissent 6 mois consécutifs de températures en dessous des normales ce qui ne s’était pas vu depuis 1978 à Lyon Bron. Le début de 2008, dont on a vanté la douceur, possède un bilan thermique en retrait par rapport à 2007, surtout février en raison de températures minimales plus basses. L’hiver 2007-2008 ne se place d’ailleurs qu’au 10ème rang en France pour ses températures.  Mars et maintenant avril reprennent la fraîcheur.

Combien de temps va se poursuivre encore ce rafraîchissement, tout en sachant que comme toujours en climatologie, la variabilité est telle qu’il n’y a rien d’homogène et qu’il y a toujours des mois chauds pendant les périodes froides et inversement.

Nul ne connaît naturellement la réponse, mais l’analyse des températures depuis le début du XX ème siècle permet d’émettre une hypothèse.

Si le réchauffement général global du siècle est indéniable, celui-ci a été haché de 3 périodes d’environ 25 à 30 ans :

-         de 1920 à 1950 environ une première période de réchauffement

-         de 1950 à 1975 un léger refroidissement

-         et enfin depuis 1975 le fort réchauffement dont tout le monde parle.

Cette dernière période est arrivé largement au bout de ses 30 ans, elle a même fait des prolongations. On peut donc se poser la question : n’est-on pas entré dans une nouvelle période trentenaire dont il conviendrait de savoir, si elle se confirme, s’il s’agit d’un ralentissement ou d’une pause dans le réchauffement, d’un rafraîchissement, ou d’un refroidissement ?

Cette hypothèse est parfois confirmée par des documents quasi officiels ou des graphiques d’évolution divers. Par exemple, le nouveau magazine Météo publie sous le titre « Simulation et réalité » une prévision de Météo France des températures de l’été pendant le XXI ème siècle sur les bases du modèle A2 du GIEC parmi les plus défavorables. Si le texte annonce selon le discours convenu « À la fin XXIème siècle à Paris, la canicule de 2003 sera devenue un événement normal », l’analyse du graphique situé en dessous montre que jusqu’en 2040 aucun été n’est censé avoir une température égale ou supérieure à 2003. Bizarre, ceci semble prendre en compte à partir de maintenant une période de 25 à 30 ans pendant laquelle le réchauffement ne serait plus évident.

Deux explications principales se partagent l’analyse de l’évolution des températures.

Vous connaissez celle de la « pensée unique » du GIEC : les activités  humaines dégagent des gaz à effet de serre comme le CO2, ou le méthane, qui augmentent les températures et expliquent le réchauffement depuis les débuts de la révolution industrielle. Cette démonstration s’adapte difficilement aux périodes trentenaires.

 En effet :

 - jusqu’en 1950, le premier réchauffement correspond à la crise de 29 et à la guerre mondiale, peu de consommation d’énergie donc de rejets de gaz à effet de serre

- de 1950 à 1975 le refroidissement accompagne les « 30 Glorieuses » où le développement économique exceptionnel provoque un doublement des besoins en énergie en particulier électrique tous les 10 ans avec forte hausse des rejets de gaz à effet de serre

- Après 1975, et ses chocs pétroliers, la consommation d’énergie mondiale a d’abord stagné avant de reprendre une hausse beaucoup plus modérée.

L’autre explication corrèle les évolutions de températures aux cycles solaires à deux échelles, 11 à 12 ans environ et 70 à 90 ans. Selon cette thèse émise par des danois Llomborg, Larssen Christensen ou des américains D’Aléo, plus les cycles solaires sont courts, plus ils sont violents et apportent de l’énergie et inversement en liaison avec les tâches solaires.

Ces cycles correspondent assez bien aux périodes trentenaires constatées. Ils ont été longs dans les années 1950/60 qui se refroidissaient. Ils sont devenus de plus en plus courts à la fin du XXème siècle très réchauffé. Ils devraient s’allonger à nouveau, les tâches solaires se développer dans les années à venir vers 2020 environ. Si l’on croit les tenants des ces dernières théories, ceci induit un refroidissement

Si on prend en compte ces deux explications, ceci voudrait signifier que la forte période de réchauffement depuis 1975 a cumulé les deux causes, alors que dans les vingt ou trente années à venir elles devraient s’opposer. L’augmentation des gaz à effet de serres continuant le réchauffement et les cycles solaires poussant au refroidissement.

Il est certainement plus facile de connaître l’influence relative de deux facteurs quand ils se contredisent que quand ils s’ajoutent. En effet on peut apprécier plus nettement le bilan négatif ou positif.

On ne devrait donc pas tarder à savoir qui des tenants de la pensée unique qui centrent tout autour des rejets de gaz à effet se serre par l’homme ou des sceptiques qui mettent en cause souvent les cycles solaires, apportent l’explication la plus proche de la réalité :

-         Soit le rafraîchissement, constatée des Saints de Glace 2007 à ce dernier mois d’avril 2008 se poursuit peu ou prou  dans les mois ou années à venir, Alors il pourrait bien durer 30 ans avec comme toujours beaucoup de variabilité.

-         Soit la marche vers le réchauffement reprend et les prévisions pessimistes des modèles mathématiques pour le 21 ème siècle seraient confirmées

Alors, un peu de patience, le Ciel, le véritable, l’insondable, ne devrait pas tarder à donner des signes d’arbitrages  et inciter l’homme à plus d’humilité face au climat !


Gérard Staron vous donne rendez vous samedi prochain sur les ondes de Radio Espérance, texte repris sur zoom42.fr et son blog  avec la reprise de chroniques anciennes ainsi que leur récapitulatif effectué à ce jour jusqu’au numéro 100.
http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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