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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 17:38


Le climat du Limousin, étude à partir de Limoges et Guéret.

 

Chronique de climatologie N°77 le 12 avril 1996 , texte d’origine

 

   Comme le ciel relativement clément de ce début de printemps fournit une actualité  quelconque, j’ai pensé qu’il serait intéressant de reprendre la série des chroniques sur le climat des zones desservies par Radio Espérance. Après les dépressions de la Loire et de l’Allier évoquées avec Clermont Ferrand et Saint-Etienne, il y a maintenant un peu plus d’un mois, nous consacrons aujourd’hui ces quelques minutes au climat du Limousin puisque Radio Espérance émet à Limoges et Guéret.

   Sur le flanc ouest du Massif central, sur les plateaux cristallins du Limousin qui s’étagent jusqu’au sommet du Millevaches culminant à peine au dessus de 900 m, cette zone est face aux influences océaniques qu’elle reçoit de plein fouet. Ceci explique des températures hivernales assez  douces avec selon les séries environ 3,5° à 3,7° de moyennes pour le mois le plus froid en janvier à Limoges ce  qui correspond à des températures supérieures d’un demi à un degré par rapport à Saint-Etienne ou Clermont-Ferrand. L’écart est surtout sensible pour les températures minimales. Au contraire pour les températures du mois le plus chaud, le thermomètre  monte bien moins haut à Limoges  puisqu’il n’atteint pas 18° soit un écart de 0,6° avec Saint-Etienne ou Clermont Ferrand. Voila qui est tout à fait significatif de l’influence océanique  puisqu’elle s’accompagne le plus souvent d’un hiver doux et d’un été modéré.

    Toutefois sur ces plateaux du Limousin, la topographie apporte des variantes très importantes au niveau des températures, surtout pendant la saison hivernale. Le relief joue à deux niveaux, d’abord il y a l’opposition entre les plateaux et les cuvettes et les fonds de vallées. La station de Limoges qui autrefois se situait dans le site encaissé de l’ancien aéroport de Feytiat à 282 m d’altitude a été déplacée pour rejoindre  le plateau de Bellegarde à 396 m d’altitude sur le nouvel emplacement de l’aéroport, au début des années 1970. L’écart entre les deux, porte surtout sur les fréquences  des gelées et, en raison des inversions de températures, le nombre de jours de gel moyen par hiver est très fortement supérieur dans l’ancien site  de cuvette avec environ 74 jours, quand il n’est que de 47 jours pour le nouveau sur le plateau. La différence est encore plus caricaturale  pour les jours où les températures sont descendues en dessous de -5° avec des moyennes de 17 et de 3 jours. On retrouve aussi des écarts importants pour les températures minimales absolues et surtout pour les dates des premières et dernières gelées avec un écart de l’ordre de 1 mois. A l’inverse, le site de cuvette à un nombre de journées chaudes d’été, supérieures à 25° pour les températures maximales, beaucoup plus important que le site de plateau avec respectivement des moyennes de 40 et 28 jours. Dans ces zones de bas plateaux où l’influence océanique adoucissante commence à se dégrader, la topographie a un rôle important pour les températures extrêmes, et les sites de cuvettes sont ceux où la continentalité apparait alors que la douceur océanique balaye plus les plateaux.

    La topographie joue aussi un rôle au niveau de l’organisation générale des plateaux du Limousin. Ceci explique les différences entre la région de Limoges qui comprend les plateaux étagés face à l’ouest et celle de  Guéret, située plus à l’est et surtout derrière les monts de la Marche. Quand on passe de la vallée de la Vienne à celle de la Creuse, les écarts sont spectaculaires pour les températures minimales absolues avec -11,7 à Bourganeuf contre -17,1°à Néoux. Les différences existent aussi pour les dates médianes d’arrivées des gelées qui se situent avant le 15 octobre et dans le mois de mai côté Creuse, alors qu’on ne les trouve pas avant la fin octobre et qu’elles se terminent en avril à Limoges. L’écart est même visible à propos des dates extrêmes de chutes de neige.

    On va retrouver une même influence  océanique dominante pour les précipitations. Elle est visible au niveau de leur abondance annuelle puisque le Limousin reçoit environ un mètre d’eau, un peu moins à Limoges, un peu plus à Guéret et beaucoup plus sur les hauteurs du plateau de Millevaches jusqu’à un mètre et demi. Les perturbations d’ouest et de nord-ouest viennent déverser leur eau sur les premiers reliefs qu’elles  trouvent, à savoir les plateaux du Limousin. Sur les séries 1951-70 ou 1951-80, les mois de décembre et de janvier sont largement les plus arrosés, alors que juillet reçoit le plus petit total pluviométrique. Il s’agit d’une répartition océanique lié à la fréquence des perturbations en provenance de l’océan : forte en hiver et faible en été. Toutefois il existe quelques petites différences entre les régimes pluviométriques de Limoges et Guéret, soit entre l’ouest et le nord-est de la région. Progressivement vers l’est du département de la Creuse, le maximum de pluies d’hiver  s’affaiblit et un maximum de mai commence à poindre, le même que l’on retrouve après dans la partie médiane du Massif central et les Limagnes. C’est le signe d’une dégradation océanique et d’une influence semi-continentale grandissante.

    Autre remarque, depuis le siècle dernier où les observations existent, ce maximum d’hiver  n’a pas été aussi net qu’aujourd’hui à Limoges. C’est ce que montre une étude de M. Galliot du centre de météorologie de Limoges, publié dans le dernier ouvrage de l’AIC, puisque dans la série 1881-1910, le maximum de pluies se trouvait en octobre. Décembre et surtout janvier montraient alors une indigence très nette. L’évolution sur un siècle des précipitations montre que depuis cette époque, les précipitations d’hiver et surtout celles de janvier n’ont fait qu’augmenter alors que celles de l’été et de l’automne sont stables et celles du printemps très irrégulières. L’auteur signale par ailleurs que cette tendance surtout sensible dans les années 1920 a débordé du Limousin sur un grand nombre des stations des régions océaniques de l’ouest de la France. L’hiver était à la fin du siècle dernier (XIXème en 1996) une saison sèche, alors qu’il est maintenant la période la plus arrosée. Voilà qui montre qu’un régime pluviométrique peut être très variable avec le temps comme moi-même j’ai pu l’observer entre deux séries plus récentes 1951-1970 et 1951-1980 où il y a déjà des écarts notoires en dépit de leur chevauchement dans le temps.

    Cet ouest a en définitive un climat assez clément, avec peu de neige (13j/an) assez peu de vents forts (20 à 30j/an) plus de brouillards (50j/an), une modération que je vous souhaite pour la semaine à venir. Toutefois avant de me retrouver vendredi prochain pour une nouvelle chronique de climatologie, vous aurez l’occasion de m’entendre dimanche (12h-14h) en compagnie de Marie-Gabrielle (en 1996 !).

 

Commentaire :

Le Massif central présente toujours des climats très différents sur chacune de ses faces, la Limousine étant la plus océanique.  
     Gérard Staron      Http://pagesperso-orange.fr/climatologie.staron

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