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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 15:36

Un dossier m’ayant été envoyé à propos de la récente catastrophe de la côte d’Azur et mes archives climatiques et hydrologiques anciennes permettent d’établir une compréhension des faits.

D’abord la côte d’Azur est l’un des points sensible aux grosses pluies méditerranéennes en France. Les 195.5 mm tombés à Cannes dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 octobre ne constituent pas un record puisqu’il avait été mesuré 213 mm en 1932 et que j’ai pu trouver au moins 6 épisodes qui ont déposé plus de 100 mm en moins de 24 heures.

Par contre les récentes pluies montrent une répartition dans le temps et dans l’espace différente des inondations classique.

Dans la plupart des grosses pluies antérieures, le maximum affecte les reliefs de l’arrière-pays ce qui donne des crues classiques des principales rivières qui descendent de ces montagnes : le Var, la Cagne, le Loup, la Siagne. Ces cours d’eaux ont réagi, mais dans des conditions moindres que d’habitude. Le maximum des pluies est tombé sur le littoral qui correspond à l’espace intensément occupé par l’urbanisation. Elles affectent donc de petits ruisseaux dont le lit est soit corseté dans l’espace urbain, soit recouvert avec des cours souterrains dans la traversée des centre urbains

La répartition dans le temps des précipitations pose aussi problème. Il est fait mention d’une intensité exceptionnelle sur un laps de temps très court. Sur les 195.5 mm, 107 mm seraient tombés en une heure à Cannes. Ce qui constitue une intensité horaire record ou proche de ces derniers pour notre pays .

Ces deux éléments sont ceux que l’on retrouve habituellement dans les inondations urbaines ici éxagérées .

L’eau ne peut plus être récupérée par les lits étroits ou souterrains réservés aux rivières dans ces milieux , ni par les égouts sous pression qui ne peuvent pas supporter les apports en provenance de la surface, ou qui ne peuvent être atteints par les écoulements de surface avec des bouches obturées par les débris.

Dans ces conditions, les rues se transforment en rivières. Il est curieux de constater que sur la plupart des documents qui m’ont été communiqués, il n’y a pas trace à proximité de lits de cours d’eaux traditionnels, la voierie a canalisé l’écoulement des flux de l’inondation et les rivières se sont créés de nouveaux lits en fonction de la topographie modifiée par l’urbanisme de la ville . Sur la Côte d’Azur, comme à Saint-Etienne où j’ai étudié particulièrement le problème, le reliefs constituent un facteur aggravant avec une forte pente, ce qui accroit la vitesse des flux et la concentration sur les points bas .

Dans des cités où l’espace plat est rare, où la pressions immobilière est forte, la tendance à l’utilisation maximum du terrain a conduit à rechercher en souterrain ce qu’il était difficile d’utiliser en surface. Ces mini tunnels de la voirie comme celui de Golfe Juan , les ensembles de garage en souterrains alimentés en eau par les rues transformées en rivières se sont remplies complètement et sont devenus des pièges mortels pour ceux qui s’y trouvaient . Dans ce type de grosses pluies , on peut trouver de très nombreux cas où les espaces sur-creusés dans les zones basses des villes pour des parkings, des ponts sous des voies ferrées ou des routes ou autoroutes etc, constituent autant de sites inondables dangereux , cas déjà observés à Saint-Etienne , Tarbes , Pau , Boulogne sur mer , dans l’agglomération parisienne, Saint-Chamond, Givors, Lille etc. Ne pas s’étonner que la plupart des victimes aient été piégés dans ces souterrains. Anecdote : Si Paris devait être à nouveau un jour inondé, il le serait à partir de ses toilettes, car par manque de place , ils ont été souvent placés en sous-sol !

Comme les voiries deviennent provisoirement les véritables rivières, les véhicules qui y circulent ou sont présents sont autant de proies faciles pour les eaux et ils sont entrainés dans les points bas .

Les rez-de-chaussées qui se trouvaient dans une position accessible par ces flux occasionnels dans les points bas des villes, ont été particulièrement affectés et parfois traversés quand ils présentaient un obstacle à cet écoulement occasionnel .

Conclusion :

Le phénomène climatique ne parait pas en lui-même exceptionnel. Il s’agit d’une grosse pluie méditerranéenne d’automne avec une intensité très forte. Beaucoup ont dépassés le total pluviométrique mesuré à Cannes avec plus de 200mm. Les effets ont été notablement augmentés, exagérés , rendus dramatiques par la coïncidence avec un espace urbain où la surface manque et oblige à une utilisation en souterrain et à réduire l’espace réservé aux lits des petits ruisseaux.

Gérard Staron

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