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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 20:23

Chronique N°995

La semaine dernière je vous disais que l’atmosphère n’hésitais plus qu’elle avait choisi, c’est-à-dire que nous sommes passés dans les conditions automnales. l’évolution vers la saison froide a commencé !

Ceci est visible au niveau de la banquise de l’Arctique. Le mois de septembre correspond à son minimum annuel après la fusion du printemps et de l’été depuis le mois de mars. Elle a connu son extension la plus faible cette année le 10 septembre avec une superficie de 3.48 millions de km2 selon le site « cryosphère today » qui mesure son extension chaque jour depuis 1979 et concentre les données de la N.A.S.A et des universités américaines.

L’inversion de tendance entre la fusion et le début de la reconstitution est intervenue tôt dans le mois alors que souvent il s’effectue plus tard, après la mi-septembre. Après quelques jours de remontée qui ont fait passer la superficie au-delà de 3.5 M KM2, la situation est restée incertaine jusqu’à ces derniers jours où la reprise a été plus nette et a dépassé 3.6M Km2. Les propos alarmistes sur la disparition prochaine de la banquise arctique estivale doivent être une fois de plus repoussés à plus tard puisque la reprise constatée en 2013 a été confirmée avec un niveau semblable du minimum annuel. Ce dernier est bien plus élevé que celui des années 2012, 2011, 2007, 2008, 2010 et 2009. Ceci signifie qu’il faut remonter à 2006 pour trouver une superficie minimale de la banquise plus étendue que celle de 2013 et 2014.

La voie maritime dans l’océan arctique le long des côtes canadiennes n’a pas été ouverte et la jonction de la glace avec les côtes sibériennes n’a été absente que quelques jours vers les iles de Nouvelle Sibérie ou de Wrangel. D’ailleurs vous n’avez pas entendu le couplet habituel des médias cette année sur le sujet !

Cette tendance froide est aussi confirmée par l’évolution de la banquise de l’Antarctique autour de l’autre Pôle. Cette dernière connait le même mois son maximum d’extension annuel en raison de l’inversion des saisons entre les deux hémisphères.

Ce dernier s’est produit une semaine plus tard que le minimum de l’Arctique de l’autre côté de la planète, mais surtout il constitue selon le même site, le record d’extension de la banquise antarctique depuis 1979, début des observations. Avec une superficie de 16.8 millions de KM2, 2014 devance 2007 et 2012 avec 16.2 et 2013 avec 16.07 M Km2. Toutes les autres années sont en dessous de 16 M Km2 !

Il se confirme que l’évolution globale de la banquise de l’hémisphère sud est strictement inverse à cette période de l’année à celle de l’hémisphère nord. Toutes les années depuis 1999 où la superficie des glaces de mer a été la plus faible au moment de la fusion de l’été boréal se retrouvent dans celles où elle a été la plus forte lors du maximum d’extension de l’hiver austral. Outre les années que nous venons de citer, il faut ajouter 2006, 2005, 2000, soit en gros toutes celles depuis le début du nouveau siècle. Il n’y a que 2011 et 1994 qui font bande à part à l’extrême sud de la planète dans des sens contraires !

S’il se confirme que les deux banquises au mois de septembre ont des évolutions strictement inverses depuis la fin du siècle dernier, celle du nord à la baisse et celle du sud à la hausse. L’année 2014 est originale puisque il y a confirmation de la reprise au nord et record absolu de superficie au sud.

Cette tendance de la reprise du froid a été retardée pendant quelques jours en France par le premier épisode cévenol de la saison, la semaine dernière. En lui-même, il s’agit d’un signe de l’arrivée de l’automne, mais au niveau des températures, nous avons plutôt ressenti un coup de chaleur avec le vent de sud et la fraîcheur n’est revenue que cette semaine.

En France, Il y a pourtant eu une évolution classique de l’atmosphère de l’automne avec au départ une descente froide qui s’effectue sur le proche Atlantique, mais pendant cette première phase qui correspond aux grosses pluies méditerranéennes, nous sommes dans la remontée de l’air en provenance des régions tropicales. Cette dernière est accentuée par la grande bleue et le blocage par les hautes pressions derrière les Alpes, ce qui provoque chez nous un gros coup de chaleur. Il faut alors attendre que l’air froid qui vient en arrière s’installe cette semaine pour que nous subissions une chute importante des températures. Après un épisode cévenol, il y a toujours une descente d’air froid en arrière et cette semaine n’a pas failli à la règle.

Cette baisse a surtout concerné le minimum du matin, car à cette période de l’année la durée des nuits augmentant, la combinaison avec le ciel dégagé provoque une très grande perte d’énergie. Il a gelé dans les trous à froid ! La chute des minimums est sévère de 13.9° le 21 à Charleville à 2.3° le mardi 23 !

Dans la journée, l’ensoleillement réussit à masquer une partie de la fraîcheur matinale en dépit du vent de nord ou nord-est. C’est ainsi que mardi dernier , après un minimum de 2.1°, le thermomètre monte à 18.1° à Reims. A Charleville, on passe aussi de 2.3° à 18.8° du matin à l’après-midi, et à Nevers de 4.4° à 20°.

La semaine dernière je vous signalais que les inondations provoquées par l’épisode cévenol avaient surtout concerné de petits cours d’eaux à l’arrivée dans des villages où leur lit est rétréci et les rues se transforment en rivières aux écoulements imprévus. C’est le cas de Lamalou les bains avec le Bitoulet, mais aussi de Saint Gervais sur Mare sur un tout petit affluent de la dite Mare et enfin à Saint Laurent le Minier sur le ruisseau de la Grenze, sous affluent de l’Hérault.

Au contraire les grandes rivières ou fleuves ont connu des crues relativement modérées. Nous avions signalé ce phénomène sur l’Orb la semaine dernière, c’est aussi le cas sur l’Ardèche qui a atteint 8.44 à Vallon Pont d’Arc, ce qui est très loin des 17.3 m de septembre 1890 ou des 12.2 m de septembre 1958 et de nombreuses autres crues s’intercalent. Par ailleurs les crues ne se situent pas au même moment. Les cours d’eaux les plus à l’ouest l’Orb et l’Hérault connaissent leur crue dans la nuit de mercredi à jeudi alors que l’Ardèche située plus à l’est n’atteint son maximum que le lendemain. En réalité il n’y a pas eu une seule pluie cévenole mais 3 lors de nuits consécutives, celle du Mardi, du mercredi et du jeudi avec chaque fois des impacts ponctuels au niveau géographique !

Par ailleurs seuls les cours amont, près des crêtes de l’axe des montagnes de l’est du Massif central ont connu des montées importantes, dès que les ondes poursuivent vers l’aval, elles s’étalent. Le gardon d’Ales atteint 2.8m au pied des Cévennes et seulement 2.7 m dans la plaine languedocienne ce qui place la crue très loin dans la hiérarchie derrière septembre 2002 avec 9.3 m au même endroit ! L’étalement de la crue de l’Hérault entre le pied des reliefs et la plaine languedocienne est plus marqué.

Habituellement les pluies cévenoles provoquent des inondations régionales qui intéressent surtout les principaux cours d’eau, cette fois nous avons observé trois orages exacerbés localement qui ont fait surtout réagir de petits ruisseaux. Dans la traversée de villages, là où les lits sont contraints, les impacts ont pris dans 3 petites cités différentes une importance catastrophique, alors que les grosses rivières ont subi des inondations de moindre ampleur.

Ce caractère localisé semble attester que nous avons subi un épisode de transition entre les abats localisés d’un orage d’été et une grosse pluie méditerranéenne qui affecte habituellement un espace d’ampleur régional

Gérard Staron donne rendez-vous sur Radio Espérance samedi prochain, bonne semaine..

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