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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 21:18

Chronique N°993

L’été que nous n’avons pas eu au moment de la saison normale, nous sommes maintenant en train de le vivre au début de l’automne, puisque selon les normes météorologiques nous sommes entrés en automne depuis le 1er septembre, même si l’équinoxe n’aura lieu que dans quelques jours et marquera le début de la saison cosmique.

Après deux mois de dominante de temps de nord, nettement perturbés avec beaucoup d’orages en juillet , plus anticyclonique donc plus secs dans la plus grande partie du mois d’août, la circulation générale de l’atmosphère semble hésiter depuis le 25 août

La première tentative de changement se produit pendant la dernière semaine d’août avec la mise en place d’une circulation atmosphérique classique d’ouest. Les perturbations en provenance de l’océan balaient la France du nord en suivant les côtes de la Manche de la Bretagne au Bénélux et en y déversant d’importantes précipitations comme le 25 août, mais la moitié méridionale du pays n’est quasiment plus arrosée car les anticyclones méditerranéens s’y sont installés et la protègent en grande partie. Quand la perturbation du 25 y arrive le 26, elle a perdu la plus grande partie de son efficacité !

La deuxième version de la circulation atmosphérique commence début septembre avec l’implantation d’une dépression dans le sud de l’Atlantique. l’anticyclone des Açores qui s’était installé là pendant tout l’été a disparu, mais cette dépression n’est pas assez forte, elle n’est pas encore assez alimentée en air froid pour tenter une avancée en direction de l’Europe et de la France.

Le continent est occupé par un gigantesque axe anticyclonique de la Méditerranée à l’Europe du nord. Au sol, les hautes pressions sont centrées de la mer du Nord à la Russie. En altitude, ce sont celles de Méditerranée qui ont remonté sur l’Europe, alors que la grande bleue est dépressionnaire à la surface des eaux.

Cette différence selon la latitude de l’anticyclone est le résultat de l’évolution thermique du moment en train de changer en amorçant le passage des conditions d’été à celles d’hiver.

La Méditerranée reste dépressionnaire au niveau de la mer, car ses eaux sont encore chaudes, ce qui entretient dans les basses couches un air peu dense qui provoque par nature des pressions faibles. Par contre au-dessus, les anticyclones subtropicaux l’ont recouvert puis ils ont gonflé en direction du nord. Il s’agit de l’un des membres de la chaine de hautes pressions dynamique qui ceinture le globe au nord des tropiques et qui en cette saison est encore décalé vers l’hémisphère nord.

Au nord de l’Europe, la baisse de la durée des jours et de l’angle des rayons du soleil commence à affecter le bilan thermique. La perte d’énergie de la nuit est maintenant plus importante que les apports liés à l’action du soleil pendant la journée. C’est donc une pellicule d’air froid dense qui s’installe au sol en Europe du nord, qui détermine ces hautes pressions du nord de l’Europe qui perdent de leur consistance en altitude.

La France se trouve juste au contact entre ces deux masses anticycloniques, celle du nord amorce encore timide des hautes pressions continentales d’hiver et celles du sud reliquat des conditions tropicales d’été. Les pressions n’y sont pas vraiment très élevées sur notre pays , mais les attaques perturbées ne sont pas capables de s’imposer qu’elles proviennent de l’Espagne par le sud-ouest comme mardi ou qu’elles redescendent du nord-est comme depuis mercredi où après avoir déposé des précipitations ridicules, ces dernières ne sont plus capables de franchir le Rhin et seul un vent de nord-est ou de nord avec quelques nuages déboule sur la France de l’est .

Ces hautes pressions sont stables car les attaques en provenance de l’air arctique sont faibles en cette fin d’été. Nous sommes pendant le mois de septembre dans la période où la banquise arctique qui fond depuis son maximum de mars arrive à son minimum d’extension estival avant de repartir à la hausse en octobre. Si cette année sa superficie d’été confirme la reprise de l’an dernier après 6 années depuis 2007 où la fusion avait été particulièrement forte, si cette année la superficie des glaces de mer semblent rester au-dessus de 3 millions de Km2 contrairement à 2007, 2008 2011 et 2012, si les voies maritimes de l’Océan arctique le long des côtes canadiennes ou siberiennes ne sont pas ouvertes, la réserve d’air froid disponible pour descendre vers les latitudes tempérées est à son minimum annuel et ses possibilités d’actions paraissent affaiblies.

De même les capacités orageuses semblent aussi relativement en panne en ce moment chez nous. En plein été, la longue durée des jours et l’angle d’incidence élevé des rayons du soleil permettent une réaction importante dès que de l’air froid arrive sur nos régions. Une convection se met en place au cours de la journée, une couche de chaleur s’installe au sol, se développe en altitude, les cumulus couvrent le ciel et l’orage se déclenche. Ce mécanisme est en panne maintenant. Pas tellement par manque de chaleur dans la journée, car les rayons du soleil par ciel dégagé font ce qu’ils peuvent, mais maintenant pendant les trop longues heures de la nuit, le phénomène est stoppé par le rayonnement et il n’a pas le temps de se réinstaller dans la journée. Par exemple, ce jeudi les températures minimales sont descendues en dessous de 10° sur une très large moitié nord de la France jusqu’au Massif central avec 4.2° à Charleville Mézières. Si les températures remontent au-dessus de 20° dans la journée comme ce mercredi au sud de la région parisienne, les heures de chaleur ne sont pas assez nombreuses pour que la convection se remette en place. Elle sera au mieux capable de produire quelques cumulus mais très difficilement des orages sans aide extérieure.

Actuellement en cette première moitié de septembre l’atmosphère hésite !

Les anticyclones subtropicaux occupent encore le terrain au sud en altitude mais celui des Açores a déserté ses iles favorites et ils se sont réfugiées au sud de la Méditerranée en peinant à remonter au-delà

Les hautes pressions continentales présage de ce qui deviendra en plein hiver l’anticyclone sibérien ne sont qu’aux prémices de leur mise en place et encore peu refroidies au sol

Les descentes polaires en provenance de l’Arctique et les perturbations qu’elles alimentent semblent marquer le pas et ne plus pouvoir provisoirement nous atteindre.

Au même moment la banquise hésite près de son minimum annuel entre la fin de sa fusion de saison chaude et le début de sa reprise hivernale. La nuit polaire ne va pas tarder à se réinstaller avec la reprise du froid. Le changement est pour les prochains jours mais nul ne sait quand il va se produire dans la quinzaine.

Le mécanisme de convection à l’origine des orages d’été s’émousse

Vers quoi l’atmosphère et le temps risquent-ils d’évoluer dans les semaines qui viennent ? La météorologie n’est pas encore capable de le dire, ses prévisions ne permettent pas de voir aussi loin. La saison des grosses pluies méditerranéennes qui commence souvent à l’équinoxe se mettra–t-elle en place ? Le bel arrière-saison qui commence va-t-il se renforcer ? Ce sont les deux hypothèses les plus vraisemblables

Depuis l’hiver dernier, à chaque changement de saison, une nouvelle circulation atmosphérique s’est mise en place et a duré les trois mois qui ont suivi, lors de l’hiver océanique, du printemps anticyclonique ou de l’été venu du nord ? Ceci se vérifiera-t-il encore une fois ?

Encore un peu de patience et Gérard Staron vous donne rendez-vous, samedi prochain sur radio espérance, on saura peut-être ! Bonne semaine !

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Published by Gérard Staron - dans climatologie
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commentaires

Abderrahim 14/09/2014 00:08

Je vous remercie pour l'effort déployé.
je veux vous demander un service: mon fils âgé maintenant de presque 16 ans et est en seconde, depuis son enfance trés influencé par le climat ,la météo(en tout pays)volcans les tornades les meteos et en internet ses sites préférés sont ceux du meme themes. Donc si vous m'informer sur l'orientation qu'il peut suivre pour ses etudes sup.
Merci de m'envoyer un mail

Staron 15/09/2014 00:04

Pour faire carrière dans la météorologie à Météo France, il faut faire l'école de la Météorologie de Toulouse avenue Coriolis à deux niveaux possibles :
avec un bac scientifique pour les techniciens
après une prépas scientifique et réussite au concours pour accéder à l'école pour être ingénieur e la météorologie

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  • : Le blog de Gérard Staron Président de l'AMRL
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